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Habitats du monde - Page 11

  • Kobunaki

    Le premier écovillage japonais tourné vers le grand public

     

    Implanté dans une agglomération de près de 70 000 habitants, Kobunaki, le premier écovillage japonais, propose en lien avec les collectivités, les entreprises et les producteurs de la région, un nouveau mode de vie pour le grand public. Selon un concept original, ce projet ambitieux vise à accueillir 370 familles d'ici trois ans. Lors de notre visite en octobre 2008, ce n'est encore qu'un quartier résidentiel en construction, avec des maisons-témoins, des grues, des camions et des ouvriers qui s'activent...

     

    Un enchaînement rapide

    L'aventure commence en 2000, lorsqu'un architecte, Takashi Akimura, rencontre un professeur de politiques environnementales, le Professeur Niren. Convaincus que des initiatives communautaires locales sont porteuses de solutions durables, ils se lancent dans la création du premier écovillage au Japon. Associés à plusieurs experts et membres du GEN (Global Ecovillage Network) puis à des chercheurs, universitaires, associations, collectivités, entreprises, constructeurs, (etc.) élargissant sans cesse le processus de concertation, ils définissent les grandes lignes d'un premier projet.

    En 2002, la société Chikyunome, acquiert 15 hectares de friches agricoles sur la commune de Omihachiman. Présenté en 2003 aux autorités locales et préfectorales, le projet est retenu pour s'insérer dans les politiques de développement local. Dans les deux années qui suivent, un plan de développement et d'aménagement est approuvé. En 2006, les travaux débutent. Les premiers résidents s'installent en 2008.

     

    Un fonctionnement original

    Le point clé de la réussite d'un tel projet réside, selon Tomomi Takada, chargée du développement communautaire de l’écovillage, dans l’organisation institutionnelle.

    Concrètement, les habitants, propriétaires d'une parcelle de terrain pourront bénéficier de nombreux avantages. Idéalement situé, routes et pistes cyclables relient les principaux services et lieux de détente de l'agglomération (écoles, gare, hôpital, centre ville, lac, etc.). Un résident pourra bénéficier, notamment via les filières municipales et préfectorales, du bois d'oeuvre local, de matériaux recyclés, composteurs et récupérateurs d'eau de pluie à des prix intéressants. Marchés et boutiques de produits biologiques, séminaires et ateliers d’écologie pratique, devraient leur permettre de mettre en oeuvre un mode de vie sain et durable au quotidien. Jardin et bâtiment communautaires sont également prévus pour échanger et laisser exprimer sa créativité.

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    Des maisons écologiques sur catalogue

    Le marché de la construction japonaise présente une importante proportion de matériaux écologiques. En effet, depuis les années 70 et la première crise pétrolière, la course à l'efficacité énergétique s'est développé et ce secteur est devenu compétitif.

    Actuellement, 10 constructeurs sont respectivement associés à un ou plusieurs lots de parcelle. Un éventuel acheteur peux donc choisir l’emplacement qu’il désire ou choisir une maison sur catalogue dans une gamme souvent spécifique à l’écovillage. Une auto-construction peut également être envisagée si les critères du « design code » sont respectés. On retrouve parmi les constructeurs, certains industriels japonais spécialisés dans ce domaine tels que Misawa et Panahome, et une majorité de constructeurs locaux.

    Généralement moins sensibles à ces problématiques, ces derniers ont saisi l'opportunité et expérimentent aujourd'hui une nouvelle gamme de maison. Kobunaki présente donc un bel éventail de ce que l'on peut entendre par « construction écologique » au Japon. Selon sa sensibilité et son portefeuille, il est possible de choisir parmi des maisons passives, avec ou sans toitures photovoltaïques, des maisons à ossature-bois anti-sismique, des matériaux naturels et recyclés pour les intérieurs, etc.

     

  • recycler une maison de bois

    Le projet comprend la construction de 3 bâtiments : une salle d'activité, un bâtiment de vie et une piscine intérieure, sur une surface totale d'environ 300 m². Il permettra en effet, d'accueillir des groupes d'une vingtaine de personnes, d'organiser des stages, des réunions, des séminaires, etc.

    Sur cet éco-gîte, ces deux auto-constructeurs ont voulu concilier leurs convictions à l'architecture et à l'esthétique local tout en s'inscrivant dans une démarche innovante. Ils ont choisi d'utiliser au maximum des matériaux écologiques (chanvre, laine de bois, laine de mouton, briques monomurs, etc.) et de favoriser une dépense énergétique minimum (isolation importante, panneaux solaires, récupération de l'eau de pluie, chaudière bois...). Ils ont également fait le choix de donner à ces nouveaux bâtiments l'aspect d'un petit hameau traditionnel pour une bonne intégration paysagère. Enfin, ils apportent une nouvelle prestation touristique locale par la création d'un gîte écologique à grande capacité d'accueil.

    Conduire un tel projet n'est pas simple. En effet, pour recevoir du public, un bâtiment doit répondre à certains critères d'éligibilité, auxquelles certaines solutions écologiques, telle qu'un système de recyclage des eaux usées par phytoépuration, n'ont pas encore trouver d'écho dans les administrations compétentes. D'autre part, trouver un architecte qui conjugue des compétences en matière d'écologie, d'efficacité énergétique et d'architecture locale n'a pas été facile. Leur volonté « d'acheter local » a enfin été mise à dure épreuve du fait des coûts souvent plus importants.