03.08.2008
ZMAG...
... une ONG, un écovillage et des outils pour une révolution verte et durable.
Une éolienne sur le toit d'une école près de Zagreb, des composteurs dans un jardin collectif urbain en Bosnie-Herzégovine, des ateliers pour apprendre à construire des collecteurs solaires, des conférences pour sensibiliser un large public... L'éventail des domaines d'intervention de ZMAG, une ONG croate basée dans un écovillage près de Zagreb est impressionnant. Cette organisation qui rayonne dans tout l'ouest des Balkans a été félicitée par l'UNDP (United Nations Development Programme) pour l'exemplarité de ses actions en faveur d'un développement durable (réinsertion, éco-construction, énergie renouvelable, etc.) et pour la mise en oeuvre de solutions pratiques sur son projet de « Ferme recyclée » (production de bio-carburant, recyclage de l'eau, permaculture, cuiseur solaire, capteur solaire, micro éolienne, etc.).
Drazen SIMLEZA, un des membres fondateurs de ZMAG et maître de conférences en « Développement durable » à l'université de Zagreb explique comment de jeunes activistes plus connus sous le nom de « Vukomerik Group » ont réussi à recentrer leur travail autour d'un lieu ouvert aux porteurs de projet désireux d'expérimenter et de mettre en pratique le développement durable.
Une ONG, un ecovillage, un groupe de passionné... l'éventail de vos domaines d'intervention et de compétence est très vaste... Qui êtes-vous ?
ZMAG signifie « Zelena Mreża Aktivistiċkih Grupa – Groupe alternatif pour des actions vertes ». Nous sommes organisés en ONG et nous avons pour objectif principal de promouvoir et de mettre en oeuvre le développement durable au quotidien, de développer des actions de coopération et de transmettre nos techniques et nos savoir-faire a un large public. Nous privilégions principalement des alternatives peu coûteuses financièrement.
Notre projet le plus important consiste à bâtir un lieu d'expérimentation, de sensibilisation et d'accueil du public : « la ferme recyclée ». Environ une trentaine de personnes sont impliquées autour de ce vaste projet et dix personnes s'occupent du fonctionnement de l'ONG.
Toiture végétalisée et micro-éolienne à la «ferme recyclée»
Vous êtes jeunes et d'horizons différents... Comment en êtes vous arrivés là ?
Il y a une dizaine d'années, nous étions tous impliqués dans des actions de dénonciation et de protestation ainsi que dans différents mouvements alternatifs. On avait cependant le sentiment de passer à coté de quelque chose. On voulait offrir des alternatives pour appuyer nos revendications. C'est pourquoi, il y a 6 ans, on a investi le peu d'argent qu'on avait pour acquérir une parcelle de terre et un bâtiment délabré. Nos débuts ont été durs, on n'avait pas d'argent, peu de connaissances appliquées et pas de notions en matière d'organisation sociale... Notre amitié et notre énergie n'ont pas été suffisantes pour surmonter tout ce qui nous attendait. Une majorité de personnes sont parties. Ces années d'apprentissage ont cependant été nécessaires. Depuis deux ans, nos actions sont sans commune mesure avec le passé.
Vous semblez proposer des solutions concrètes. Comment avez-vous appris à les mettre en oeuvre ?
Peut-être de la manière la plus dure... Par nous même ! D'une certaine façon nos erreurs deviennent autant de bons conseils pour transférer des techniques, ça nous permet d'avancer. Le mauvais coté de ces apprentissages, c'est l'énergie, le temps et parfois l'argent que ça nous coûte. Sans la motivation et le soutien de tous, ce serait beaucoup plus difficile.
Il nous arrive de faire appel à un professionnel lorsque ça peut-être dangereux, que ça pourrait nous coûter beaucoup d'argent ou que nous n'avons pas suffisamment de connaissances dans le domaine. Lorsqu'une personne vient de l'extérieur pour enseigner, on essaye dans la mesure du possible d'organiser un atelier pour que plusieurs personnes puissent participer. De notre coté cela suppose une organisation particulièrement efficace.
Nous travaillons en partenariat avec le Global Ecovillage Network (GEN) et le Balkan Ecovillage Network (BEN), ces réseaux nous permettent d'échanger des connaissances de façon informelle. Par exemple, pour construire notre système de chauffage bois, nous avons fait appel à un spécialiste slovaque, en échange, un des nôtres est parti là-bas pour leur expliquer comment mettre en oeuvre une micro station de recyclage de l'huile de friture pour produire du bio-carburant.
Nous devons régulièrement faire appel à des spécialistes étrangers. Les connaissances pratiques en matière de développement durable ne sont pas facile trouver en Croatie.
Vous avez construit une des premières maisons en paille de Croatie... Quelle est la situation de la construction écologique dans ce pays ?
Pas très bonne et cela pour plusieurs raisons. Nous avons peu d'experts et peu de produits écologiques standardisés. D'autre part, je n'ai pas l'impression que le gouvernement soutienne ce genre d'initiative. Les méthodes de constructions alternatives type « botte de paille » ne sont toujours pas autorisées. Il faut faire avancer les lois. A l'avenir, intervenir à ce niveau va certainement constituer une part importante de notre travail.
On note quelques changements ces dernières années, ils sont cependant trop localisés et trop lents selon moi. Au vue de l'urgence de la situation, il faudrait beaucoup plus de programmes et de projets appliqués.
Maison en paille et toiture végétalisée
Quelles relations avez-vous avec les autorités locales ?
Nous avons la chance d'avoir localement des personnes sensibles à ces questions de développement durable. Nous développons des projets conjointement pour le développement de notre site mais également à destination des autres citoyens. Notre dernier projet consistait par exemple, à fabriquer des panneaux solaires avec des étudiants sous forme d'ateliers. Puis accompagné d'un professionnel nous avons placés ces panneaux sur le toit d'une école.
Comment êtes-vous financés ?
On monte des projets et on investit également notre propre argent. S'il est possible de trouver des fonds pour financer nos programmes d'action, nous n'avons pas de soutien financier pour notre fonctionnement. Pour notre écovillage, nous arrivons toutefois a obtenir d'importants soutiens matériels (panneaux solaires, batteries, micro-éolienne, etc.).
Comment faites-vous pour mobiliser vos partenaires ?
Généralement, nous démarchons différentes organisations ou autorités locales avec un avant-projet. Nous leur proposons de devenir partenaire et faisons en sorte qu'ils prennent leur responsabilité au sein du projet. Il nous arrive maintenant d'être directement contactés pour mettre en place un projet.
Votre livre « Des outils verts pour une révolution durable » n'est édité qu'en Croate. Pourquoi ?
Parce que des outils similaires existent déjà en Anglais. Quand nous avons commencé, nous avons du partir à l'étranger pour nous former. Ce n'est pas forcément évident d'évoluer dans ce domaine en Croatie, c'est pourquoi, nous avons souhaité nous adresser aux Croates en priorité. Si quelqu'un veut se lancer dans une aventure similaire, nous sommes là !
Avez-vous des conseils à donner à tous ceux qui souhaiteraient suivre votre élan ?
L'essentiel de la réussite d'un projet comme le nôtre, n'est pas d'avoir un beau jardin ou une superbe maison, c'est la satisfaction de réussir ensemble. Les acteurs du projet et les relations sociales sont primordiales, le groupe est notre réservoir d'énergie et de motivation...
Mon seul conseil : ne jamais abandonner et rester créatif !
Nouvelle invention en bois cordé à venir...
Contact et informations : http://www.zmag.hr
Un reportage d'Amandine et Jérôme
bientôt disponible sur le site !
19:22 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zmag, zagreb, croatie, écovillages, gen, ben, éco-construction
23.07.2008
Le parc national des lacs de Plitvice
Diversifier les activités pour préserver le site.
1/ Les Parcs nationaux Croates et l'habitat
Les parcs nationaux de Croatie sont au nombre de huit et représentent aujourd'hui, une superficie équivalent à 7,5% du territoire Croate.
Concernant l'habitat, dans les parcs nationaux Croates, les permis de construire sont soumis à l'autorisation du ministère de la Culture. Les bâtiments doivent en général utiliser des matériaux de construction traditionnels et respecter l'aspect traditionnel du bâti. Le parc fait son possible pour accueillir les visiteurs dans des locaux traditionnels, mais il ne dispose pas actuellement d'une politique particulière concernant le bâti. Les constructions privées sont donc uniquement soumises aux décisions du ministère de la Culture.
Tous les parcs nationaux dans le monde sont animés du même esprit et investis de deux types de missions : protéger la nature et gérer la fréquentation du public. Pour le Parc de Plitvice, elles sont les mêmes.
2/ Le Parc de Plitvice
Situé au sein d'un plateau karstique, le parc national des lacs de Plitvice a été créeé en 1949 et ajouté à la liste du patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1979. Territoire remarquable, il fût l'un des principaux lieux de combats pendant les conflits de l'ex-Yougoslavie. Aujourd'hui, si la guerre est encore présente dans le paysage et les mémoires, les infrastructures touristiques ont été reconstruites à l'identique et accueillent de plus en plus de monde.
Le parc, comprend une forêt de type primitive où nait la rivière Korana et les lacs de Plitvice (en croate Plitvička jezera). Ces derniers se sont créés par un phénomène géologique particulier : les eaux, en traversant les roches dolomitiques, dissolvent le calcaire qui se redépose pour former des barrières de travertin qui séparent les lacs entre eux. Aujourd'hui, les lacs de Plitvice ressemblent à un véritable labyrinthe naturel fait de cavernes, de chutes d'eau et de lacs aux teintes changeantes.
S'il est possible d'effectuer le tour du parc avec un train panoramique et de traverser les plus grands des lacs en bateau, les sentiers en caillebotis sont les plus empruntés. Et pour cause : ces aménagements permettent de parcourir et de découvrir les lacs sous tous leurs aspects sans altérer la qualité de l'eau, des paysages et de la biodiversité.
Les lacs de Plitvice sont le point de concentration des visites. Pour Vlatka RUSIC, il semble clair que le visiteur subit un choc en visualisant les lacs de Plitvite : "La nature est vraiment magnifique à cet endroit. Les lacs ne sont jamais les mêmes, vous pouvez en faire le tour aujourd'hui et demain et vous trouverez toujours quelque chose de différent. Chaque lac a sa propre couleur qui varie en fonction du temps, de la saison...". Le phénomène géologique qui se poursuit encore aujourd'hui, modifie constamment l'aspect des lacs. Enfin, le climat continental permet d'avoir des saisons bien marquée. En hiver, les lacs sont recouverts de neige pendant plus de deux mois et on peut y pratiquer le ski aux alentours.
Aujourd'hui le Parc national de Plitvice reçoit de plus en plus de visiteurs, ainsi bien gérer la fréquentation touristique est une de leur priorité. "En 2007, nous avons accueilli environ 925.000 visiteurs, alors qu'en 2006 nous avions accueilli 887.000 visiteurs.
Je ne veux pas appeler ça un problème mais il est clair que nous recevons beaucoup de visiteurs. La plupart d'entre eux ne veulent voir que l'eau et les lacs. Or le site des lacs ne représente qu'une très petite partie du parc (1% du territoire). Pour répondre à l'enjeu de préservation de la biodiversité, qui est notre première mission, et continuer d'accueillir correctement le public grandissant, nous avons tout d'abord effectué une étude sur la capacité d'accueil du site. Le bureau d'étude chargé de cette étude, a évalué à 1,2 millions de personnes la capacité maximum d'accueil des lacs, la marge n'est pas bien grande. Aujourd'hui nous travaillons donc à disperser les visiteurs sur l'ensemble du Parc, notamment sur la forêt, mais aussi tout au long de l'année."
Seront ainsi bientôt ouverts :
- un sentier de découverte de 10 kms, au sud des lacs, qui permettra aux visiteurs d'accéder au parc à pied depuis les villages plus au sud ;
- un parcours à vélos, pour pouvoir découvrir la forêt et avoir des vues splendides sur les lacs ;
- des panneaux descriptifs pour que tous puissent comprendre le phénomène géologique particulier qui forme ces lacs ainsi que la biodiversité ;
- renforcer l'attractivité de certains sentiers peu empruntés.
Toutefois, le nombre de visiteurs impacte fortement le tissu socio-économique local, faisant de Plitvice le générateur économique de la région. Une forte partie de la population locale travaille au parc et loue des chambres chez l'habitant. Si la situation économique est relativement bonne ici, en témoigne le prix des maisons, on peut toutefois se questionner sur le devenir de l'agriculture et des autres secteurs d'activité dans cette zone, peut-être l'une des futures priorités du parc.

Qu'est ce qu'un Parc National ?
Un parc national est une portion de territoire qui est classée par décret, et à l'intérieur de laquelle la faune, la flore et le milieu naturel en général sont protégés de l'action de l'homme. Leur intérêt n'est donc pas touristique, il réside surtout dans la biodiversité et la protection de la nature.
Les parcs nationaux sont propriétés de l'Etat, ils sont donc en partie financés par ce dernier. Il arrive cependant que l'entrée de certains parcs soit payante ; c'est le cas de la plupart des parcs nationaux en Croatie. Certains sites sont tellement exceptionnels qu'ils sont classés par l'UNESCO, comme par exemple le Parc national des lacs de Plitvice
11:18 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : croatie, parc, plitvice, parc national
18.07.2008
"C'est pas sorcier" spécial bio-habitat
Voici un extrait de la célèbre émission "C'est pas sorcier" où Fred et Jamie nous donnent un aperçu des différentes techniques de bio-habitat.
19:44 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : c'est pas sorcier, fred et jamie, écoconstruction
19.06.2008
Construire en paille en Italie...
... l'expérience d'un auto-constructeur.
Alors qu'en France et dans le Nord de l'Europe, la construction en paille se développe, en Italie, les constructeurs qui utilisent de la paille sur leur chantier font encore figure de pionniers. Sans comptabiliser les « abris » et autres formes de constructions « non déclarées », on ne dénombre officiellement que 8 maisons bâties en paille dans toute l'Italie.
Azienda agricola La Boa, Belfiore di Pramagiore Veneto
(50 km au Nord-est de Venise)
La paille comme matériau de construction
Construire en paille fait de nombreux adeptes dans le monde entier. En effet, son utilisation en construction présente de nombreux avantages. Stefano SOLDATI, éco-constructeur à l'Azienda agricola La Boa explique : « Je ne peux pas trouver d'aspect négatif à la construction en paille. C'est économique (environ 0,30 € en moyenne pour une botte de paille), c'est écologique, ça ne présente pas de risque au feu quand c'est enduit, c'est léger ce qui permet de réduire la profondeur des fondations, c'est un très bon isolant phonique et thermique et c'est simple à mettre en oeuvre. (...) Je n'étais pas du métier, et pourtant j'ai pu construire ma propre maison ».
Si la construction en paille semble sans faille, Tom Rijven, constructeur itinérant, énonce dans son ouvrage Entre paille et terre, les 7 plaies du mur en paille : remontées capillaires, condensations, vapeur, pluie, choc, inondation et fuites. Il convient donc de suivre les bonnes étapes et de se renseigner sur ce qu'il faut faire pour les prévenir (construction sur pilotis ou fixation d'une barrière anti-remontées capillaires, qualité des enduits dans toute son épaisseur : couche de corps, couche d'étanchéité, enduit de finition, large débord de toit, etc.).
Stephano Soldati, un « ambassadeur »
Stefano Soldati a travaillé dans l'agriculture céréalière conventionnelle pendant de nombreuses années. Attiré par la nature depuis longtemps, il se passionne pour l'agriculture biologique et la permaculture qu'il enseigne aujourd'hui en Italie.
En 2002, lors d'un colloque sur la permaculture, il découvre la construction en paille. Deux ans plus tard, il se décide à utiliser la paille pour réhabiliter une veille ferme : « j'ai choisi d'utiliser des matériaux que je connaissais : de la paille, de la terre du jardin et de la chaux ». Pour ce faire, il va voir les autorités locales et demande s'il est possible de passer d'un bâtiment classique à un bâtiment en paille. « Les autorités locales ont accepté sans aucun problème, je leur avais présenté mon projet en détail. En outre, j'ai eu recours à un architecte et à des professionnels pour réaliser l'ossature bois et les soubassements. Il fallait respecter les règlements d'urbanisme locaux ». Le toit est resté de type conventionnel et l'enduit de finition respecte les couleurs traditionnelles. Les fondations étaient déjà existantes puisque c'est sur l'emplacement d'une ancienne ferme. « Reconstruire sur cet emplacement était intéressant car l'orientation du bâtiment par rapport au vent dominant, le « Bora », et à l'ensoleillement du site était idéale. De plus, certains matériaux de l'ancien bâtiment, comme les briques, ont pu être réutilisés ».
La paille lui sera livrée par un de ces amis qui cultive de l'orge biologique. En quantité insuffisante pour la totalité du projet, il se fournira avec de la paille de blé des environs.
Stephano Soldati part en Angleterre rejoindre Barbara Jones (auto-constructrice et formatrice anglaise, fortement investie dans la construction en paille ; elle développe de nombreuses techniques pour adapter les constructions nord-américaines aux spécificités de nos climats européens) pour suivre ses cours et se former sur différents chantiers. Devenu « ambassadeur de la paille – Straw ball ambassador », il inaugure le premier cours italien de construction en paille avec Barbara Jones à l'acienda agricola La Boa. Pas moins de 20 personnes le suivront.
Le chantier de volontaires a permis de monter en une semaine la totalité des bottes de paille. Il aura fallu trois semaines en tout pour mettre la maison hors d'eau, hors d'air, sur une surface de 140 m² au sol.
En dirigeant un projet tel que celui-ci, Stephano Soldati a aiguisé ses connaissances et en a tiré des enseignements : « Sur cette construction j'ai beaucoup appris. Si c'était à refaire, je perdrais moins d'argent, d'energie et de temps (...) Des alternatives au modèle conventionnel existent, par exemple, de simple pneus de voiture « recyclés » aurait largement pu être utilisés dans les fondations. Ils permettent de dépenser moins d'argent, de valoriser nos déchets sans nuire à l'environnement. Ce sont de bons isolants contre l'humidité du sol, et ils offrent une bonne résistance aux secousses sismiques (...) J'ai mis en oeuvre différentes méthodes ce qui m'a permis de bien les comprendre. En ce qui concerne les enduits par exemple, bien préparer le support permet une bonne cohésion entre les différentes couches (...). Je ne choisirais plus de travailler avec de la paille d'orge car c'est irritant quand il fait chaud. Travailler avec de la paille de blé est moins gênant. Si je n'avais qu'un conseil à donner, ce serait de commencer par une petite construction et de disposer d'un espace de vie autre que celui de la maison en construction ». Très occupé et souvent loin de chez lui, le chantier est toujours en cours depuis plus de trois ans.
Vers un centre pédagogique
A terme, l'acienda agricola la Boa deviendra un centre pédagogique. Il sera possible de suivre des cours de construction écologique, d'agriculture biologique et de permaculture. Stefano Soldati cherche à être en liaison avec le réseau économique local des villes environnantes
Dans cet esprit d'ouverture, il accueille de nombreux volontaires chez lui afin d'enseigner et d'apprendre : « Le volontariat prend mais apporte aussi beaucoup d'énergie, c'est un bon échange. Depuis le début, il y a eu des volontaires du monde entier ici, chacun apporte ses idées, y met du sien. C'est l'occasion de partager et d'entretenir des savoir-faire (...) ; c'est une certaine philosophie. »
La recherche d'une autonomie énergétique fait aussi parti du projet. Actuellement l'eau qui provient du puits est chauffée par des panneaux solaires et par un poêle à bois. A l'avenir, il souhaiterait développer d'avantage d'aménagements autour de l'eau pour récupérer l'eau de pluie, recycler les eaux usées par des systèmes de lagunage et de phytoépuration, voire intégrer une piscine... écologique bien sûr.
Contacts et informations :
- Azienda Agricola La Boa : http://www.laboa.org
- Stephano Soldati : http://www.envipark.com ou casadipaglia@hotmail.com
Un reportage d'Amandine et Jérôme
également consultable sur le site.
20:33 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : construction paille, stephano soldati, auto-construction, azienda agricola la boa, terre, paille, chaux
14.06.2008
Un sol de terre et de paille...
... Une nouvelle sensation pour les pieds.
En entrant dans le salon de Patrick Destro et Stephano Soldati, le visiteur est prié de se déchausser : un sol de terre et de paille vient juste d'être terminé.
S'inspirant des résultats obtenus pour réaliser les différents enduits de leur maison, ils ont décidé de se lancer dans cette expérience originale : réaliser un revêtement de sol de terre et de paille sur une surface d'environ 60 m².
Patrick Destro, éco-constructeur (Azienda agricola La Boa, Belfiore di Pramaggiore, Veneto, 50 km au Nord-est de Venise) partage son expérience et les résultats obtenus : « Nous avons visité une maison en Angleterre avec ce type de sol, ça nous a tout de suite séduit ; c'est une sensation de confort et de bien-être très particulière. Nous avons alors pensé la reproduire chez nous. De plus, le coût est relativement faible puisque la terre que nous avons utilisé provient du jardin ».
Les connaissances italiennes sur la construction écologique sont récentes et éparses, mais on peut y voir certains avantages : « En Italie, il est difficile de trouver des informations pratiques sur la construction écologique, ça nous pousse à expérimenter. Je pense que ce type de sol est unique en Italie ».
Composition et réalisation
Composition du sol (vue en coupe)
« Sur la dalle de ciment nous avons directement mis une épaisse couche de petites billes d'argile (« argila espensa » en italien) pour éviter les remontées d'humidité par capillarité sur laquelle nous avons ensuite appliqué, pressé puis lissé un mélange de sable grossier et d'argile (sous-couche). Aussitôt le lissage terminé, nous avons fait des trous avec une planche à clous. Le séchage peut prendre plusieurs jours. De quelques jours pour un temps ensoleillé et jusqu'à un mois pour un temps humide et pluvieux.
Entre la sous-couche et la couche de finition nous avons déposé une toile de jute imbibée d'un mélange d'eau et d'argile pour lier les deux couches et aplanir la surface. La toile de jute n'est pas obligatoire, mais elle facilite le travail. Ensuite nous avons appliqué la couche de finition (mélange de sable fin, d'argile, de brins de paille très courts – environ 5 cm – et de pigments naturels). Cette dernière a été lissée avec soin plusieurs fois jusqu'à obtenir un sol parfaitement plat et lisse.
Une fois la couche de finition sèche nous avons appliqué de l'huile de lin à la raclette en grande quantité, puis frotté avec un chiffon. Cette technique permet de modifier la texture de la dernière couche pour obtenir une sorte de résine très compacte en surface ».
Il aura fallu environ une journée pour appliquer la couche finale sur les 60 m² de la pièce, 2 personnes pour réaliser le mélange pendant que 2 autres l'appliquaient sur le sol.
Les outils utilisés ne sont pas spécifiques, ce sont ceux d'un plâtrier ordinaire (niveau à bulle, règle, lissoir, etc.).
Pour réaliser ce type de revêtement avec la terre de son terrain, il semble qu'il n'y ait pas de « recette idéale », ce ne peut-être qu'une spécialité locale. En effet, la composition du mélange est hautement dépendante de la teneur en argile de la terre et de sa qualité :
« Je pourrais vous donner la composition de nos mélanges, mais cela ne serait pas très utile ! Nous avons utilisé l'argile de notre jardin. Chaque terre possède une composition spécifique. C'est pour ça que je préfère parler d'argile et non de terre ».
Toutefois la méthode utilisée peut permettre de trouver la « recette idéale » : « Nous avons fait beaucoup d'échantillons différents, A chaque fois nous avons numéroté les quantités utilisées puis nous avons testé la cohésion des différents échantillons (gratter avec la pointe d'un couteau, taper avec un marteau, etc.). Nous avions déjà utilisé cette technique pour appliquer les différents enduits sur notre maison ».
Retour sur expérience
De l'huile de lin pour lustrer le sol
Patrick Destro a choisi de mettre une quantité d'huile de lin plus importante dans la partie cuisine, ce qui lui donne un aspect lustré (droite de la photo), et potentiellement plus résistante à l'eau et au choc. Le salon (gauche de la photo) pour des raisons d'esthétique n'a presque pas été lustré à l'huile.
Pourquoi de la paille dans le mélange ?
« Une première expérience réalisée sans paille, sur un sol plus épais (5 cm), avait rapidement craquelé. Le fait d'avoir rajouter de la paille dans l'enduit de finition nous a permis de réduire le nombre de ces micro-fissures et donc le travail a fournir. (...) Du point de vue de la réalisation et de l'esthétique, nous sommes très content du résultat sur la partie terre et paille. Nous avons encore peu de recul sur cette expérience.
Il faut laisser faire le temps pour observer à l'usage, comment ça évolue ».
Travailler avec la terre de notre terrain facilement
« Pour utiliser la terre argileuse du jardin, on s'est facilité le travail en réalisant deux tranchées parallèles. La première sert de réserve, le fond de la seconde est recouvert d'un plastique pour ne pas que l'eau s'infiltre. La terre imbibée d'eau peut alors être remuée puis tamisée facilement ».
Construire avec de la terre crue
La terre constitue certainement le matériau écologique par excellence. Simple et presque partout à notre disposition, on retrouve ce matériau dans les constructions de nombreuses régions du monde sous différentes formes (adobe, torchis, pisé, etc.). Délaissées pendant de nombreuses années, les techniques ancestrales sont aujourd'hui adaptées à nos besoins actuels. Inciter différents organismes à effectuer des travaux de recherche pourrait sans doute permettre dans quelques années de faire bénéficier un large public du confort et de l'esthétique de ces nouveaux matériaux.
L'expérience réalisé par Patrick Destro contribue au développement possible du sol de terre et de paille et à la réduction des diverses contraintes liés à sa mise en oeuvre. Observer, découvrir, se débrouiller et partager le résultat de ses expériences, sont donc autant de portes ouvertes pour laisser la créativité s'exprimer et connaître les multiples possibilités de ces matériaux.
Contacts et informations :
Azienda agricola La Boa : http://www.laboa.org/
Patrick DESTRO : http://www.envipark.com/ ou casadipaglia@hotmail.com
Amandine & Jérôme
Reportage sur l'éco-construction
en Vénétie.
20:43 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : patrick destro, terre, paille, la boa, vénétie, éco-construction, venise
09.06.2008
L'Environment Park de Turin en Italie...
... entre écologie, urbanisme et nouvelles technologies.
Situé au coeur de l'agglomération de Turin, l'« Environment Park » constitue une expérience innovante de réhabilitation urbaine combinant nouvelles technologies, faible impact environnemental, recherche et développement, échanges d'expériences et expérimentations. Fondé en 1996 à l'initiative de la Région Piémont, de la Commune de Turin et de l'Europe (financement FEDER), l'« Environment Park », aujourd'hui géré par une société privée, est l'un des premiers parcs scientifiques et technologiques de l'Union européenne entièrement consacré aux technologies environnementales.
La valorisation d'un ancien site industriel
Suite à la crise industrielle, toute une zone occupée par des industries lourdes (aciérie, métallurgie, automobile) fut progressivement abandonnée jusqu'à la fin des années 80. Pour réhabiliter le site, plusieurs agences d'urbanisme et architectes ont été mobilisés. En effet, il s'agissait pour la municipalité de créer un nouveau pôle technologique tout en permettant aux Turinois de se réapproprier les lieux. Situé à proximité du centre ville, et donc facilement accessible par les axes routiers, le site compte aujourd'hui, un grand espace vert, des zones de services et des quartiers résidentiels à proximité.
Promouvoir et développer les technologies environnementales
Cet aménagement vise à accueillir des entreprises novatrices dans les domaines de la protection de l'environnement et du développement durable. Bien que la construction des structures de ce parc technologique soit encore en phase d'achèvement, une trentaine d'entreprises, dont une quinzaine de création récente, sont installées sur le nouveau site.
Toutes ces entreprises sont présentes dans le secteur des services technologiques environnementaux (études d'impact, assainissement des sols, analyse des niveaux de pollution, etc.). À plein régime, ce centre de 30.000 m² pourra accueillir une soixantaine d'entreprises, des laboratoires de recherche universitaire et une section du Conseil national de la recherche.
Intégration paysagère, choix énergétiques et architecture durable
L'ensemble des édifices et des équipements ont été conçus selon de nouveaux concepts d'architecture, notamment dans les domaines de la gestion de l'eau et de la gestion énergétique. Le facteur clé de ce projet est l'intégration de différentes technologies.
Offrant un nouveau paysage urbain, l'utilisation de toitures végétalisées (30 cm de terre recouverte d'une couche d'herbe) permet une meilleure isolation des bâtiments en été et en hiver, une fixation des polluants contenus dans l'air et dans les eaux de pluie et une bonne isolation acoustique.
La « voile » photovoltaïque avec une puissance de 16,32 kWp*, fonctionne depuis avril 2003. Une analyse fine du site a permis de positionner les structures photovoltaïques de façon à ce que les bâtiments existants et futurs ne produisent pas d'ombre aux différents moments de l'année et de la journée.
Certaines solutions, plus discrètes, symbolisent tout autant l'innovation et l'engagement présent sur le site. Une attention toute particulière a été apportée aux choix des matériaux utilisés avec pour objectif un impact environnemental aussi bas que possible. Le bois a largement été utilisé pour les parties structurelles, l'isolation ou les sols. Le bois local comme le peuplier ou le mélèze provenant du piémont a été privilégié. De nouveaux matériaux, facilement démontables et réutilisables, ont été favorisés : briques de bois encastrables (montage sans colle) ou briques de bois creuses remplies de fibre de cellulose.
Les déchets provenant du chantier ont été triés puis recyclés.
90% du potentiel thermique utilisé par le parc est produit par des chaudières à bois non traitées. Ces chaudières utilisent également des déchets des scieries et de taille d'arbres de la ville.
Un système innovant, appelé « blue building », basé sur une façade interactive utilise une double vitre intérieure et une vitre extérieure pour permettre une illumination maximale des espaces intérieurs par la lumière naturelle et une bonne isolation acoustique. Ce système permet également d'utiliser moins d'énergie pour rafraîchir ou réchauffer le bâtiment.
Un système de récupération des eaux de pluie et de lagunage pour les eaux grises permet de recycler cette eau pour l'irrigation des espaces verts et les sanitaires. A terme, les responsables du parc souhaitent utiliser pour le fonctionnement du site uniquement des sources d'énergies renouvelables. Une cascade de 5,50 m de haut devrait permettre d'installer une turbine capable de produire 380.000 kWh par an. La construction de cette micro-centrale hydraulique devrait permettre d'atteindre l'indépendance énergétique du parc technologique.
Favoriser les échanges d'expériences
Au sein du parc, PME, centres de recherche et startups peuvent se regrouper, apporter leur spécificités et développer des projets conjointement.
Cette dynamique d'échange d'expériences s'étend au delà des limites du site, puisque l'« Environment Park » fait partie du réseau des parcs technologiques « Tecnorete » du Piémont Italien et qu'il participe aux échanges transfrontaliers avec différents pôles technologiques français (Hautes Alpes Développement, Savoie Hexapole, Savoie Technolac).
Ces échanges de bonnes pratiques entre zones d'activités urbaines devraient apporter aux autorités et aux institutions locales, de nouvelles solutions environnementales en matière de gestion du foncier et d'aménagement durable. En outre, cela ouvre de nouvelles voies quant à la revalorisation des espaces urbains délaissés, lorsque comme à Turin, il est question d'inventer un nouvel avenir aux friches industrielles pour en faire une partie intégrante de la ville.
Un reportage d'Amandine & Jérôme
daté de mai 2008, et consultable sur le site !
Contacts et informations : www.envipark.com

* Le kWc (kilowatt crête) encore nommé kWp (kilowatt peak) est la puissance maximum fournie par une installation exposée au mieux (en théorie 1 kW/m²) et ne représente qu'un cas particulier, l'exposition solaire étant variable.
19:55 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : environment park, italie, turin, parc technologique et scientifique, tecnorete
01.06.2008
L'éco-village italien de Torri Superiore...
... un oasis communautaire dans un
joyau d'architecture populaire.
Au début des années 90, un groupe de personnes s'est approché du village fantôme de Torri Superiore, vestige d'un petit bourg médiéval du XIIIème siècle abandonné à une lente décadence depuis plus d'un siècle. Engagés et déterminés à faire revivre ce petit joyau d'architecture populaire, ces visionnaires ont opéré une importante rénovation en respectant le caractère original du bourg et du territoire environnant, pour créer des résidences fixes et mettre en place des activités économiques respectueuses de l'environnement, initiant dans la région, la première expérience d'éco-rénovation d'un village entier.
Situé dans l'arrière-pays de la Ligurie Occidentale, près de Ventimille (province d'Imperia), à quelques kilomètres de la mer Méditerranée et de la frontière française, entouré d’oliviers, d’agrumes, de mimosas et d’une végétation typiquement méditerranéenne, le village médiéval de Torri Superiore est situé au pied des Alpes Ligures, sur les pentes du Mont Grammondo à 80 mètres d’altitude.
Un savant mélange d'architecture vernaculaire et de matériaux écologiques
La structure complexe et fascinante de Torri Superiore se développe sur huit niveaux, créant un réseau de pièces et de passages étroitement imbriqués qui créent des effets charmants et inattendus. Le bourg comporte environ 160 pièces, à plafond voûté (à forme de baril ou croisé), liées par d’étonnants labyrinthes d'escaliers, de terrasses et de ruelles. L'étude approfondie de la structure a conduit, au fil des ans, à l'élaboration d'un projet, complexe, de rénovation du bourg médiéval.
Les caractéristiques architecturales ont été soigneusement préservées et valorisées tout en intégrant des principes de construction écologique. Pour conserver l'aspect extérieur de pierres maçonnées à la chaux, l’isolation est posée par l’intérieur avec des panneaux de lièges ou de feutre. Afin de gagner de la place dans les espaces confinés, des tuyaux de chauffage ont été coulés dans l'enduit intérieur directement sur les panneaux isolants des murs exposés au sud. Des panneaux solaires ont été disposés sur les flancs et sur les terrasses derrière le hameau, limitant ainsi leur impact visuel. Associés à des serpentins de cuivre, qui courent sur les toits et autour du four à pain, ce dispositif permet de limiter l’usage de la chaudière à gaz, qui reste cependant indispensable.
Le charme et le caractère des petites pièces voûtées, chers aux résidents, ne sont pas encore reconnus pour leur valeur patrimoniale. Soumis aux strictes réglementations d’aménagement et d’urbanisme locales et aux critères d’éligibilité des établissements accueillant du public, c’est un réel effort de faire valoir et de convaincre les autorités de la valeur patrimoniale du travail réalisé.
Un lieu propice au développement d'une activité communautaire
L'étude du site semble révéler historiquement une organisation communautaire du hameau. En effet, conserver l'identité architecturale a notamment permis de réorganiser un réseau d'espace communautaire et d'espace privé, qui sont autant de lieux de recueillement et de lieux d'expression. La majorité des salles sont de petites tailles, toutefois, quelques unes font l'exception. L'agencement global permet ainsi un bon équilibre entre espace privé et public. Les petites pièces voûtées, les nombreuses terrasses et leur imbrication, les unes par rapport aux autres, donne l'impression de pouvoir passer rapidement d'un lieu intime et réservé à un espace convivial et communautaire.
« Nous avions trouvé là un lieu propice pour construire un projet social, environnemental et nouveau» explique Luciano, un retraité non résident et associé du Projet Torri Superiore depuis sa re-fondation. Avant de rajouter « Nous ne nous sommes inspiré de personne ». Cette ambition de conjuguer la réhabilitation d'un village avec un projet social et environnemental s'est traduite par la création de l'association culturelle "Torri Superiore" en 1989.
Les objectifs à long terme visent à valoriser le bourg médiéval, en favorisant l'installation des nouvelles résidences, en ouvrant un centre culturel, et en accueillant des groupes et des particuliers curieux d'approfondir cette nouvelle approche de vie communautaire. L'association Torri Superiore offre des cours, théorique et pratique, sur des thématiques liées à la vie en communauté, aux travaux agricoles et manuels, au respect des personnes et de l'environnement. Depuis 1992 Torri Superiore a accueilli 25 chantiers de volontaires internationaux avec Legambiente (principale organisation environnementale italienne). Des centaines de jeunes de tous les continents ont contribué en groupe ou en tant que particulier, à restaurer le bourg et ses alentours, en recevant en échange l'opportunité d'expérimenter un style de vie communautaire et écologique.
Ouvert à l'éco-tourisme depuis 2000, le visiteur est accueilli dans une ambiance simple et informelle. C'est au détour de ses ruelles ou autour de la table, partageant un menu principalement biologique avec les résidents, qu’il découvrira la philosophie ou le coeur du projet de rénovation de Torri Superiore, où comment vivre et se développer dans le consensus.
Se tourner vers l'avenir dans le consensus vers plus d'agriculture biologique
Dans une atmosphère détendue, à Torri Superiore on s’active et on se concerte pour inventer un nouveau modèle de vie. De nombreuses nationalités sont représentées, sans qu’aucune idéologie, et religion ne soit proclamées. On comprends au fil des discussions que les résidents partagent les mêmes valeurs et cherchent à recréer une vie de village où chacun est écouté et libre de s'exprimer. Dans ce modèle d’organisation sociale, on distingue les associés, les résidents et les visiteurs.
Les grandes orientations de gestion de Torri Superiore sont décidées au cours de l'Assemblée des associés, qui a lieu deux fois par an. L'Association est propriétaire d’une grande partie de l’éco-village*, aujourd'hui géré par la Société Coopérative Ture Nirvane, fondée en 2000 pour terminer la restauration et permettre les activités culturelles et de réception.
Le groupe de résidents est constitué de 17 personnes, dont 5 enfants… bientôt 6. Outre des activités salariées au sein de la coopérative ou à l’extérieur de Torri, certains développent une activité agricole tournée vers l’oléiculture et la permaculture*. Une réunion par semaine permet à chacun de s’exprimer. Chaque décision doit en effet être prise dans le consensus.
L’arrivée de jeunes résidents, les multiples rencontres et le bouillonnement d’idées nouvelles qu’elles produisent permet de trouver des solutions pour concilier le développement économique de l’éco-village et les objectifs initiaux de l'association. Issu du consensus, se discute actuellement à Torri Superiore le développement d’un plus large projet orienté vers l’agriculture biologique. Ce volet agricole, déjà engagé puisque la communauté de Torri Superiore est membre fondateur de l'Académie de Permaculture Italienne, sera peut-être un axe majeur de développement à l’avenir. Il est en effet nécessaire de trouver des solutions économiques pour finaliser les 20% de rénovation du village restant.
Aujourd’hui largement reconnu, ce petit oasis a certainement besoin d’une reconnaissance plus forte des autorités publiques locales et internationales pour bénéficier de leviers financiers lui permettant de continuer son projet éducatif, social et environnemental innovant.

Qu'est ce qu'un éco-village ?
Un éco-village est un lieu de démonstration et d'expérimentation des idées et techniques nouvelles ou traditionnelles visant à construire un futur durable. Chaque éco-village a son orientation, sa sensibilité et son fonctionnement propre. Loin de représenter, une sorte d'enclave autarcique, il est intégré dans le tissu local, économique et institutionnel, dont il constitue un pôle attractif et innovant. Il est aussi l'occasion d'un important brassage humain et économique dans des régions parfois reculées : accueil touristique, formation, création d'entreprises, agrobiologie, vie artistique, réinsertion, pédagogie alternative, etc.
Le Réseau GEN - Global Ecovillage Network - est le réseau mondial des éco-villages. Fondé en 1995 (suite au sommet de Rio pour un développement soutenable et respectueux de l’environnement), il compte des milliers d'associés dans le monde et développe programmes d'éducation, d'information et de promotion du modèle éco-village auprès des organismes nationaux et extra nationaux comme les Nations Unies.
De 1999 à 2003, le secrétariat du réseau européen GEN-Europe a été hébergé à Torri Superiore. Il reste ouvert un bureau décentre lié au secteur informatif (GEN IS -Information Services). Torri Superiore est actuellement le siège légale du GEN et il est membre fondateur de la RIVE - Rete Italiana Villaggi Ecologici.
En savoir plus : http://gen.ecovillage.org/
La permaculture
Ensemble de pratiques et de mode de pensée visant à créer une production agricole soutenable, très économe en énergie. Elle vise à créer un écosystème productif en nourriture ainsi qu'en d'autres ressources utiles, tout en laissant à la nature "sauvage" le plus de place possible. Elle utilise des notions d'écologie, de paysagisme, d'agriculture biologique et de pédologie. La permaculture invite à mettre ces aspects théoriques en relation avec les observations réalisées sur le terrain.
En savoir plus : www.permacultura.it
Un reportage d'Amandine & Jérôme
suite au premier voyage test
de 200 km avant le grand départ,
de l'arrière pays niçois à Torri Superiore,
effectué en mars dernier.
Reportage bientôt consultable sur le site !
19:47 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : torri superiore, éco-village, imperia, alpes ligures, activités communautaires, agriculture biologique, permaculture







