12 octobre 2008

Recycler une maison de bois...

... pour maintenir des savoir-faire et développer le tourisme.

Reportage auprès du Clubul Montan Apuseni – Cheia, Roumanie
Un dossier d'Amandine FANTONI et Jérôme BOUQUEMONT réalisé en sept. 2008.

 

 

Un clic pour agrandir !La Roumanie offre encore aujourd'hui une fabuleuse mosaïque d'architecture populaire. La maison traditionnelle, témoin d'une histoire locale, rend hommage à l'imagination et au savoir-faire des hommes qui ont cherché à s'adapter à leur environnement.

Porteur d'un projet de développement éco-touristique dans les Apuseni, une région isolée de moyenne montagne, le Clubul Montan Apuseni cherche à développer l'offre touristique, notamment de randonnée et de découverte des patrimoines, pour revitaliser l'économie de ce territoire et sensibiliser à l'environnement.

 

Cet été 2008, aura été l'occasion de réhabiliter une maison traditionnelle en bois pour préserver des savoir-faire et disposer d'un nouvel espace pour accueillir et informer les visiteurs.


Un clic pour agrandir !Dan MOISA, Président du Clubul Montan Apuseni organise un chantier avec Cordea Marin, Maître-artisan et Peace Corp., organisation américaine de volontariat international. Durant une semaine, une trentaine de volontaires vont pouvoir s'initier aux méthodes de construction locale... et vivre une fabuleuse aventure roumaine !

 

 

Dans les Apuseni, les maisons traditionnelles présentent une structure en bois massif de type « poutres ». Cette structure « simple et brute » rend la maison traditionnelle roumaine facilement démontable. Il est ainsi courant d'acheter une maison sans le terrain, de la démonter, la déplacer, puis de la remonter sur un autre terrain. En apparence, rien de très complexe dans cette entreprise, toutefois, l'exemple du chantier de Cheia et le savoir du maître artisan, sont source d'apprentissages.

 

Si les maisons traditionnelles en bois de Roumanie présentent des similitudes, on distingue dans chaque village les signes de leur singularité (maison du charpentier, maison du meunier, etc.) et de l'inventivité de leurs occupants (décoration et gravures sur les porches, les portails, etc.). L'éventail des matériaux utilisés permet également de laisser s'exprimer les savoir-faire et les techniques. Les espaces de vie, présentent généralement la même organisation, cependant la maison principale, l'organisation de la parcelle et le positionnement des bâtiments annexes (cuisine d'été, toilettes, bâtiment agricoles, etc.) entretiennent une étroite relation avec leur proche environnement (ensoleillement, vents et situation de la parcelle, etc.).

A Cheia, la maison originelle était composée d'une pièce principale carrée, destinée à dormir, manger et cuisiner. Une entrée étroite permettait d'alimenter le feu pour fumer la viande à l'étage. La nouvelle maison devant répondre à sa vocation d'hébergement touristique, il a fallu repenser ses contours selon ces objectifs : utiliser principalement les matériaux de l'ancienne maison, respecter au maximum les méthodes traditionnelles pour la reconstruire et élargir les ouvertures pour plus de luminosité.

 

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Laissée à l'abandon depuis plusieurs années, de nombreuses poutres étaient en mauvais état et d'autres inutilisables. Il aura été nécessaire de réduire la taille du nouveau bâtiment et produire de nouvelles poutres sur place.

Isolé au coeur des Montagnes Apuseni, le village de Cheia, ne permet pas d'acheminer des matériaux par la route. Pour s'y rendre, Il faut emprunter les sentiers. Une main d'oeuvre importante pour le transport du bois et le remontage de la maison était nécessaire. Tout s'est fait à dos d'homme !

 

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Un clic pour agrandir !Le sous-bassement de la maison a été réalisé en extrayant des pierres et du sable de la rivière voisine. Cette procédure réveilla les plus conservateurs des milieux naturels chez les volontaires... Faut-il préserver un éco-système ou des savoir-faire ? Un débat était lancé ! L'encastrement des poutres a suivi le principe traditionnel de type « tenon/mortaise ».

 

Traditionnellement, seuls des clous de bois étaient utilisés pour solidariser la structure. Si de nouveaux clous de bois ont été taillées pour remplacer les anciens, des clous en acier sont toutefois venues parfaire cette structure. Les nouvelles poutres ont été réalisées sur place. L'oeil et la hache de l'artisan, aussi aiguisés soient-ils, n'ont pas permis d'éviter de légers espaces entre les poutres. Pour cela, un treillis de bois directement disposé sur les poutres sera fixé afin d'appliquer un enduit qui permettra d'aplanir la surface et de parfaire l'isolation. On retrouve localement deux types d'enduits : un mélange sable-paille-terre argileuse ou plus simplement un mélange  « bouse » de vache et paille. La maison rénovée présentera des poutres apparentes à l'extérieur et un treillis de bois enduit à la chaux à l'intérieur. La toiture et sa structure n'étaient plus en état sur la maison originelle. Un toit de chaume traditionnel sera réalisé par un maître artisan spécialisé dans ce domaine. Localement, cette spécialité devient rare. Il s'agit en effet, de mélanger des branchages et de la paille en les disposant du bas vers le haut. Tassée au fur et à mesure par le poids de l'homme, la couverture est lissée au râteau puis égalisée avec un large outil tranchant. Solidement comprimée grâce à de larges pieux verticaux qui pointent vers le ciel, la couverture est rendue solidaire de la structure bois, ce qui lui assure un bonne résistance notamment au vent. La forte pente et le lissage de la couverture permettent d'éviter les accumulations de neige et les infiltrations d'eau. Traditionnellement, aucune ouverture ne laissait la fumée s'échapper. Au fil du temps, une épaisse pellicule de suie profitait à l'étanchéité et éloignait les rongeurs.

 

Un clic pour agrandir !La construction de cette maison a permis de réhabiliter un bâtiment traditionnel qui tombait en ruine, de recycler l'essentiel des matériaux de ce dernier, d'initier de nombreux volontaires aux techniques de constructions traditionnelles et ainsi de contribuer au maintient des  savoir-faire locaux. Une fois finie, cette maison entièrement construite avec des matériaux extraits de l'environnement proche aura la noble particularité de se fondre dans son paysage, tout en rappelant aux randonneurs, les nombreux tas de foins coniques qui parsèment  les paysages de ces belles montagnes.

 

Loin d'être représentatif des initiatives de développement du secteur touristique roumain, espérons toutefois que ce projet inspire promoteurs et développeurs... Ahhh ! qu'il fait bon vivre  dans une chaumière !

Commentaires

Merci pour les premieres nouvelles du Vietnam.
Nous suisons attentivement vos aventures et attenons vos premiers photos.

Bisous

Ecrit par : Roberto Sintierra | 25 octobre 2008

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