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23.06.2008
"Ils en parlent."
20:01 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
19.06.2008
Construire en paille en Italie...
... l'expérience d'un auto-constructeur.
Alors qu'en France et dans le Nord de l'Europe, la construction en paille se développe, en Italie, les constructeurs qui utilisent de la paille sur leur chantier font encore figure de pionniers. Sans comptabiliser les « abris » et autres formes de constructions « non déclarées », on ne dénombre officiellement que 8 maisons bâties en paille dans toute l'Italie.
Azienda agricola La Boa, Belfiore di Pramagiore Veneto
(50 km au Nord-est de Venise)
La paille comme matériau de construction
Construire en paille fait de nombreux adeptes dans le monde entier. En effet, son utilisation en construction présente de nombreux avantages. Stefano SOLDATI, éco-constructeur à l'Azienda agricola La Boa explique : « Je ne peux pas trouver d'aspect négatif à la construction en paille. C'est économique (environ 0,30 € en moyenne pour une botte de paille), c'est écologique, ça ne présente pas de risque au feu quand c'est enduit, c'est léger ce qui permet de réduire la profondeur des fondations, c'est un très bon isolant phonique et thermique et c'est simple à mettre en oeuvre. (...) Je n'étais pas du métier, et pourtant j'ai pu construire ma propre maison ».
Si la construction en paille semble sans faille, Tom Rijven, constructeur itinérant, énonce dans son ouvrage Entre paille et terre, les 7 plaies du mur en paille : remontées capillaires, condensations, vapeur, pluie, choc, inondation et fuites. Il convient donc de suivre les bonnes étapes et de se renseigner sur ce qu'il faut faire pour les prévenir (construction sur pilotis ou fixation d'une barrière anti-remontées capillaires, qualité des enduits dans toute son épaisseur : couche de corps, couche d'étanchéité, enduit de finition, large débord de toit, etc.).
Stephano Soldati, un « ambassadeur »
Stefano Soldati a travaillé dans l'agriculture céréalière conventionnelle pendant de nombreuses années. Attiré par la nature depuis longtemps, il se passionne pour l'agriculture biologique et la permaculture qu'il enseigne aujourd'hui en Italie.
En 2002, lors d'un colloque sur la permaculture, il découvre la construction en paille. Deux ans plus tard, il se décide à utiliser la paille pour réhabiliter une veille ferme : « j'ai choisi d'utiliser des matériaux que je connaissais : de la paille, de la terre du jardin et de la chaux ». Pour ce faire, il va voir les autorités locales et demande s'il est possible de passer d'un bâtiment classique à un bâtiment en paille. « Les autorités locales ont accepté sans aucun problème, je leur avais présenté mon projet en détail. En outre, j'ai eu recours à un architecte et à des professionnels pour réaliser l'ossature bois et les soubassements. Il fallait respecter les règlements d'urbanisme locaux ». Le toit est resté de type conventionnel et l'enduit de finition respecte les couleurs traditionnelles. Les fondations étaient déjà existantes puisque c'est sur l'emplacement d'une ancienne ferme. « Reconstruire sur cet emplacement était intéressant car l'orientation du bâtiment par rapport au vent dominant, le « Bora », et à l'ensoleillement du site était idéale. De plus, certains matériaux de l'ancien bâtiment, comme les briques, ont pu être réutilisés ».
La paille lui sera livrée par un de ces amis qui cultive de l'orge biologique. En quantité insuffisante pour la totalité du projet, il se fournira avec de la paille de blé des environs.
Stephano Soldati part en Angleterre rejoindre Barbara Jones (auto-constructrice et formatrice anglaise, fortement investie dans la construction en paille ; elle développe de nombreuses techniques pour adapter les constructions nord-américaines aux spécificités de nos climats européens) pour suivre ses cours et se former sur différents chantiers. Devenu « ambassadeur de la paille – Straw ball ambassador », il inaugure le premier cours italien de construction en paille avec Barbara Jones à l'acienda agricola La Boa. Pas moins de 20 personnes le suivront.
Le chantier de volontaires a permis de monter en une semaine la totalité des bottes de paille. Il aura fallu trois semaines en tout pour mettre la maison hors d'eau, hors d'air, sur une surface de 140 m² au sol.
En dirigeant un projet tel que celui-ci, Stephano Soldati a aiguisé ses connaissances et en a tiré des enseignements : « Sur cette construction j'ai beaucoup appris. Si c'était à refaire, je perdrais moins d'argent, d'energie et de temps (...) Des alternatives au modèle conventionnel existent, par exemple, de simple pneus de voiture « recyclés » aurait largement pu être utilisés dans les fondations. Ils permettent de dépenser moins d'argent, de valoriser nos déchets sans nuire à l'environnement. Ce sont de bons isolants contre l'humidité du sol, et ils offrent une bonne résistance aux secousses sismiques (...) J'ai mis en oeuvre différentes méthodes ce qui m'a permis de bien les comprendre. En ce qui concerne les enduits par exemple, bien préparer le support permet une bonne cohésion entre les différentes couches (...). Je ne choisirais plus de travailler avec de la paille d'orge car c'est irritant quand il fait chaud. Travailler avec de la paille de blé est moins gênant. Si je n'avais qu'un conseil à donner, ce serait de commencer par une petite construction et de disposer d'un espace de vie autre que celui de la maison en construction ». Très occupé et souvent loin de chez lui, le chantier est toujours en cours depuis plus de trois ans.
Vers un centre pédagogique
A terme, l'acienda agricola la Boa deviendra un centre pédagogique. Il sera possible de suivre des cours de construction écologique, d'agriculture biologique et de permaculture. Stefano Soldati cherche à être en liaison avec le réseau économique local des villes environnantes
Dans cet esprit d'ouverture, il accueille de nombreux volontaires chez lui afin d'enseigner et d'apprendre : « Le volontariat prend mais apporte aussi beaucoup d'énergie, c'est un bon échange. Depuis le début, il y a eu des volontaires du monde entier ici, chacun apporte ses idées, y met du sien. C'est l'occasion de partager et d'entretenir des savoir-faire (...) ; c'est une certaine philosophie. »
La recherche d'une autonomie énergétique fait aussi parti du projet. Actuellement l'eau qui provient du puits est chauffée par des panneaux solaires et par un poêle à bois. A l'avenir, il souhaiterait développer d'avantage d'aménagements autour de l'eau pour récupérer l'eau de pluie, recycler les eaux usées par des systèmes de lagunage et de phytoépuration, voire intégrer une piscine... écologique bien sûr.
Contacts et informations :
- Azienda Agricola La Boa : http://www.laboa.org
- Stephano Soldati : http://www.envipark.com ou casadipaglia@hotmail.com
Un reportage d'Amandine et Jérôme
également consultable sur le site.
20:33 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : construction paille, stephano soldati, auto-construction, azienda agricola la boa, terre, paille, chaux
14.06.2008
Un sol de terre et de paille...
... Une nouvelle sensation pour les pieds.
En entrant dans le salon de Patrick Destro et Stephano Soldati, le visiteur est prié de se déchausser : un sol de terre et de paille vient juste d'être terminé.
S'inspirant des résultats obtenus pour réaliser les différents enduits de leur maison, ils ont décidé de se lancer dans cette expérience originale : réaliser un revêtement de sol de terre et de paille sur une surface d'environ 60 m².
Patrick Destro, éco-constructeur (Azienda agricola La Boa, Belfiore di Pramaggiore, Veneto, 50 km au Nord-est de Venise) partage son expérience et les résultats obtenus : « Nous avons visité une maison en Angleterre avec ce type de sol, ça nous a tout de suite séduit ; c'est une sensation de confort et de bien-être très particulière. Nous avons alors pensé la reproduire chez nous. De plus, le coût est relativement faible puisque la terre que nous avons utilisé provient du jardin ».
Les connaissances italiennes sur la construction écologique sont récentes et éparses, mais on peut y voir certains avantages : « En Italie, il est difficile de trouver des informations pratiques sur la construction écologique, ça nous pousse à expérimenter. Je pense que ce type de sol est unique en Italie ».
Composition et réalisation
Composition du sol (vue en coupe)
« Sur la dalle de ciment nous avons directement mis une épaisse couche de petites billes d'argile (« argila espensa » en italien) pour éviter les remontées d'humidité par capillarité sur laquelle nous avons ensuite appliqué, pressé puis lissé un mélange de sable grossier et d'argile (sous-couche). Aussitôt le lissage terminé, nous avons fait des trous avec une planche à clous. Le séchage peut prendre plusieurs jours. De quelques jours pour un temps ensoleillé et jusqu'à un mois pour un temps humide et pluvieux.
Entre la sous-couche et la couche de finition nous avons déposé une toile de jute imbibée d'un mélange d'eau et d'argile pour lier les deux couches et aplanir la surface. La toile de jute n'est pas obligatoire, mais elle facilite le travail. Ensuite nous avons appliqué la couche de finition (mélange de sable fin, d'argile, de brins de paille très courts – environ 5 cm – et de pigments naturels). Cette dernière a été lissée avec soin plusieurs fois jusqu'à obtenir un sol parfaitement plat et lisse.
Une fois la couche de finition sèche nous avons appliqué de l'huile de lin à la raclette en grande quantité, puis frotté avec un chiffon. Cette technique permet de modifier la texture de la dernière couche pour obtenir une sorte de résine très compacte en surface ».
Il aura fallu environ une journée pour appliquer la couche finale sur les 60 m² de la pièce, 2 personnes pour réaliser le mélange pendant que 2 autres l'appliquaient sur le sol.
Les outils utilisés ne sont pas spécifiques, ce sont ceux d'un plâtrier ordinaire (niveau à bulle, règle, lissoir, etc.).
Pour réaliser ce type de revêtement avec la terre de son terrain, il semble qu'il n'y ait pas de « recette idéale », ce ne peut-être qu'une spécialité locale. En effet, la composition du mélange est hautement dépendante de la teneur en argile de la terre et de sa qualité :
« Je pourrais vous donner la composition de nos mélanges, mais cela ne serait pas très utile ! Nous avons utilisé l'argile de notre jardin. Chaque terre possède une composition spécifique. C'est pour ça que je préfère parler d'argile et non de terre ».
Toutefois la méthode utilisée peut permettre de trouver la « recette idéale » : « Nous avons fait beaucoup d'échantillons différents, A chaque fois nous avons numéroté les quantités utilisées puis nous avons testé la cohésion des différents échantillons (gratter avec la pointe d'un couteau, taper avec un marteau, etc.). Nous avions déjà utilisé cette technique pour appliquer les différents enduits sur notre maison ».
Retour sur expérience
De l'huile de lin pour lustrer le sol
Patrick Destro a choisi de mettre une quantité d'huile de lin plus importante dans la partie cuisine, ce qui lui donne un aspect lustré (droite de la photo), et potentiellement plus résistante à l'eau et au choc. Le salon (gauche de la photo) pour des raisons d'esthétique n'a presque pas été lustré à l'huile.
Pourquoi de la paille dans le mélange ?
« Une première expérience réalisée sans paille, sur un sol plus épais (5 cm), avait rapidement craquelé. Le fait d'avoir rajouter de la paille dans l'enduit de finition nous a permis de réduire le nombre de ces micro-fissures et donc le travail a fournir. (...) Du point de vue de la réalisation et de l'esthétique, nous sommes très content du résultat sur la partie terre et paille. Nous avons encore peu de recul sur cette expérience.
Il faut laisser faire le temps pour observer à l'usage, comment ça évolue ».
Travailler avec la terre de notre terrain facilement
« Pour utiliser la terre argileuse du jardin, on s'est facilité le travail en réalisant deux tranchées parallèles. La première sert de réserve, le fond de la seconde est recouvert d'un plastique pour ne pas que l'eau s'infiltre. La terre imbibée d'eau peut alors être remuée puis tamisée facilement ».
Construire avec de la terre crue
La terre constitue certainement le matériau écologique par excellence. Simple et presque partout à notre disposition, on retrouve ce matériau dans les constructions de nombreuses régions du monde sous différentes formes (adobe, torchis, pisé, etc.). Délaissées pendant de nombreuses années, les techniques ancestrales sont aujourd'hui adaptées à nos besoins actuels. Inciter différents organismes à effectuer des travaux de recherche pourrait sans doute permettre dans quelques années de faire bénéficier un large public du confort et de l'esthétique de ces nouveaux matériaux.
L'expérience réalisé par Patrick Destro contribue au développement possible du sol de terre et de paille et à la réduction des diverses contraintes liés à sa mise en oeuvre. Observer, découvrir, se débrouiller et partager le résultat de ses expériences, sont donc autant de portes ouvertes pour laisser la créativité s'exprimer et connaître les multiples possibilités de ces matériaux.
Contacts et informations :
Azienda agricola La Boa : http://www.laboa.org/
Patrick DESTRO : http://www.envipark.com/ ou casadipaglia@hotmail.com
Amandine & Jérôme
Reportage sur l'éco-construction
en Vénétie.
20:43 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : patrick destro, terre, paille, la boa, vénétie, éco-construction, venise
11.06.2008
Derniers jours en Italie... en route pour la Slovénie
Retrospective sur les évènements survenus entre le 17 et le 29 mai 2008...
Imprévus
Il pleut des cordes ! Nous décidons de remettre notre départ pour plus tard. On s'arrange avec Patrick et Stephano pour rester. Notre mission, s'occuper des animaux pendant quelques jours en leur absence. Facile !
La tâche se complique lorsque le lendemain, la pluie n'ayant cessé de tomber, la rivière commence à déborder et à se rapprocher dangereusement de la maison. Notre petit chez nous, le river rifugio (voir la vidéo du précédent carnet de route...), porte bien son nom. Notre mission consiste maintenant à ce que la maison, les poussins, la tondeuse, les vélos et tout ce qui n'est pas étanche ne prennent pas l'eau.
Nous quittons finalement Patrick, le vendredi 23 mai, heureux d'avoir passé ce temps à l'Azienda la Boa. Nous aurons beaucoup appris, et recueilli de nombreuses informations sur la construction en paille et en terre (cf. les reportages, déjà rédigés, qui seront présentés sur ces pages dans les prochains jours...). Nous aurons aussi eu du temps pour rédiger et nous plonger dans nos articles.
Nous repartons, l'esprit serein, heureux de reprendre la route et de pédaler à nouveau...
Un détour par les lagunes...
Nous nous dirigeons vers Aquileia, qui nous a-t-on dit recèle des trésors romains ; des fouilles sont toujours en cours. La basilique renferme une mosaïque majestueuse dont les couleurs et la taille sont impressionnantes.
Après une brève découverte, nous filons à Grado pour découvrir ses lagunes. Pourquoi des hommes sont-ils venus s'installer sur ces îlots de terres souvent immergées, alors que le paludisme et la rage les accablaient ? Jusque dans les années 50, la population éparpillée sur de nombreuses îles, vivait de la pêche, dans des maisons faites de roseaux : “les casonis”, habitat traditionnel de la lagune de Grado. Nous rencontrons Ennio Lugnan à la bibliothèque alors qu'on cherchait des informations sur ces habitations. “Cet homme va pouvoir vous renseigner”. En effet, il a monté une association de préservation des “casonis” et met en place des circuits de découverte de ce patrimoine et de ces savoir-faire (cf. le site http://www.graisanidepalu.org/ seulement en italien, mais bien illustré). Certaines de ces maisons traditionnelles sont encore sur pied, mais elles ne sont accessibles que par bateau. Nos vélos ne faisant pas l'affaire, nous continuons notre route, plus loin vers la réserve naturelle de Grado, une zone humide facilement accessible à vélo.
Nous remonterons ensuite vers le nord, pour passer la frontière slovène. L'occasion de parcourir la plaine italienne le long de ses nombreuses pistes cyclables. Le paysage est “monotone”, fait de grandes cultures céréalières, de prés de fauche et de vignes. Nous trouvons cependant quelques occasions de colorer un peu notre journée...
Découvertes slovènes... un petit goût de “je reviendrai”.
La plaine se transforme petit à petit, le relief prend du volume et commence à dessiner des vallées. Nous redécouvrons avec joie les torrents et leur fraîcheur, juste avant de passer la frontière. Nous voici en Slovénie, dans les alpes juliennes, qui constituent l'extrême sud-est des Alpes.
Les vallées sont boisées, vertes et s'ouvrent parfois sur des prairies de fauches de petite taille. Les champs sont “vivants”, les Slovènes s'y activent. Nous croisons de petits troupeaux de vaches, de moutons ou de chèvres. On se met à penser qu'une agriculture diversifiée et qui prend son temps à survécu sur le haut plateau que nous traversons. Mais nous apprendrons plus tard que ce n'est que le temps des foins...
Nous entrerons dans le Parc du Triglav, seul Parc national de Slovénie, en passant par son entrée sud : les gorges de Tolmin. C'est le plus ancien Parc européen de ce genre. Nous longerons ensuite la rivière Soca, d'un bleu turquoise à tomber (promis on n'a pas modifié la couleur sur la photo).
N'ayant que peu de temps à consacrer à ce beau pays, nous traçons plein sud à travers l'arrière pays pour rejoindre la Croatie. Nous découvrirons, les routes secondaires en macadam (des pistes en terre), les forêts rafraichissantes, et le sympathique accueil slovène.
A chaque rencontre, nous tentons de comprendre tant bien que mal, où se trouve l'habitat traditionnel (notre slovène se résume à “bonjour : Pozdravjen” et “merci : hvala” ; heureusement que notre anglais et notre langage des signes est plus développé). Il s'avère que ce territoire, qui longe la rivière Soca, fut le théâtre des ravages de la première guerre mondiale et des bombardements de la seconde. L'habitat traditionnel, fait de pierre et de bois, n'est plus visible. On a reconstruit et on construit toujours en béton, parpaings, et briques. Les brochures touristiques en font pourtant de belles plaquettes. Peut-être dans les régions plus montagneuses au nord ?
Seules quelques granges retiennent notre attention, leur structure ouverte permet, lorsque le foin est entreposé pour sécher, de changer complétement de physionomie et de donner l'impression que le mur est fait de foin.
A l'inverse de ce que nous aurons vu, les campagnes sont plutôt désertes le reste de l'année et la population ne vit plus de l'agriculture. Cependant, il semblerait que les Slovènes soient attachés à l'entretien des prairies, d'où l'activité particulière en ces temps de fauche. L'activité touristique se développe depuis peu. On trouve même dans de tout petit village des points d'information et des aménagements touristiques.
Après de belles montées, de belles rencontres et quelques frayeurs nocturnes (nous sommes en territoire “ours”), nous restons sur notre faim car nous aurions aimé en apprendre plus sur ce beau et petit pays où la vie semble douce. On vous laisse découvrir en photos....
23:16 Publié dans Carnets de route | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : vélo, italie, slovénie, croatie, déluge, aquileia, grado
09.06.2008
L'Environment Park de Turin en Italie...
... entre écologie, urbanisme et nouvelles technologies.
Situé au coeur de l'agglomération de Turin, l'« Environment Park » constitue une expérience innovante de réhabilitation urbaine combinant nouvelles technologies, faible impact environnemental, recherche et développement, échanges d'expériences et expérimentations. Fondé en 1996 à l'initiative de la Région Piémont, de la Commune de Turin et de l'Europe (financement FEDER), l'« Environment Park », aujourd'hui géré par une société privée, est l'un des premiers parcs scientifiques et technologiques de l'Union européenne entièrement consacré aux technologies environnementales.
La valorisation d'un ancien site industriel
Suite à la crise industrielle, toute une zone occupée par des industries lourdes (aciérie, métallurgie, automobile) fut progressivement abandonnée jusqu'à la fin des années 80. Pour réhabiliter le site, plusieurs agences d'urbanisme et architectes ont été mobilisés. En effet, il s'agissait pour la municipalité de créer un nouveau pôle technologique tout en permettant aux Turinois de se réapproprier les lieux. Situé à proximité du centre ville, et donc facilement accessible par les axes routiers, le site compte aujourd'hui, un grand espace vert, des zones de services et des quartiers résidentiels à proximité.
Promouvoir et développer les technologies environnementales
Cet aménagement vise à accueillir des entreprises novatrices dans les domaines de la protection de l'environnement et du développement durable. Bien que la construction des structures de ce parc technologique soit encore en phase d'achèvement, une trentaine d'entreprises, dont une quinzaine de création récente, sont installées sur le nouveau site.
Toutes ces entreprises sont présentes dans le secteur des services technologiques environnementaux (études d'impact, assainissement des sols, analyse des niveaux de pollution, etc.). À plein régime, ce centre de 30.000 m² pourra accueillir une soixantaine d'entreprises, des laboratoires de recherche universitaire et une section du Conseil national de la recherche.
Intégration paysagère, choix énergétiques et architecture durable
L'ensemble des édifices et des équipements ont été conçus selon de nouveaux concepts d'architecture, notamment dans les domaines de la gestion de l'eau et de la gestion énergétique. Le facteur clé de ce projet est l'intégration de différentes technologies.
Offrant un nouveau paysage urbain, l'utilisation de toitures végétalisées (30 cm de terre recouverte d'une couche d'herbe) permet une meilleure isolation des bâtiments en été et en hiver, une fixation des polluants contenus dans l'air et dans les eaux de pluie et une bonne isolation acoustique.
La « voile » photovoltaïque avec une puissance de 16,32 kWp*, fonctionne depuis avril 2003. Une analyse fine du site a permis de positionner les structures photovoltaïques de façon à ce que les bâtiments existants et futurs ne produisent pas d'ombre aux différents moments de l'année et de la journée.
Certaines solutions, plus discrètes, symbolisent tout autant l'innovation et l'engagement présent sur le site. Une attention toute particulière a été apportée aux choix des matériaux utilisés avec pour objectif un impact environnemental aussi bas que possible. Le bois a largement été utilisé pour les parties structurelles, l'isolation ou les sols. Le bois local comme le peuplier ou le mélèze provenant du piémont a été privilégié. De nouveaux matériaux, facilement démontables et réutilisables, ont été favorisés : briques de bois encastrables (montage sans colle) ou briques de bois creuses remplies de fibre de cellulose.
Les déchets provenant du chantier ont été triés puis recyclés.
90% du potentiel thermique utilisé par le parc est produit par des chaudières à bois non traitées. Ces chaudières utilisent également des déchets des scieries et de taille d'arbres de la ville.
Un système innovant, appelé « blue building », basé sur une façade interactive utilise une double vitre intérieure et une vitre extérieure pour permettre une illumination maximale des espaces intérieurs par la lumière naturelle et une bonne isolation acoustique. Ce système permet également d'utiliser moins d'énergie pour rafraîchir ou réchauffer le bâtiment.
Un système de récupération des eaux de pluie et de lagunage pour les eaux grises permet de recycler cette eau pour l'irrigation des espaces verts et les sanitaires. A terme, les responsables du parc souhaitent utiliser pour le fonctionnement du site uniquement des sources d'énergies renouvelables. Une cascade de 5,50 m de haut devrait permettre d'installer une turbine capable de produire 380.000 kWh par an. La construction de cette micro-centrale hydraulique devrait permettre d'atteindre l'indépendance énergétique du parc technologique.
Favoriser les échanges d'expériences
Au sein du parc, PME, centres de recherche et startups peuvent se regrouper, apporter leur spécificités et développer des projets conjointement.
Cette dynamique d'échange d'expériences s'étend au delà des limites du site, puisque l'« Environment Park » fait partie du réseau des parcs technologiques « Tecnorete » du Piémont Italien et qu'il participe aux échanges transfrontaliers avec différents pôles technologiques français (Hautes Alpes Développement, Savoie Hexapole, Savoie Technolac).
Ces échanges de bonnes pratiques entre zones d'activités urbaines devraient apporter aux autorités et aux institutions locales, de nouvelles solutions environnementales en matière de gestion du foncier et d'aménagement durable. En outre, cela ouvre de nouvelles voies quant à la revalorisation des espaces urbains délaissés, lorsque comme à Turin, il est question d'inventer un nouvel avenir aux friches industrielles pour en faire une partie intégrante de la ville.
Un reportage d'Amandine & Jérôme
daté de mai 2008, et consultable sur le site !
Contacts et informations : www.envipark.com

* Le kWc (kilowatt crête) encore nommé kWp (kilowatt peak) est la puissance maximum fournie par une installation exposée au mieux (en théorie 1 kW/m²) et ne représente qu'un cas particulier, l'exposition solaire étant variable.
19:55 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : environment park, italie, turin, parc technologique et scientifique, tecnorete
01.06.2008
L'éco-village italien de Torri Superiore...
... un oasis communautaire dans un
joyau d'architecture populaire.
Au début des années 90, un groupe de personnes s'est approché du village fantôme de Torri Superiore, vestige d'un petit bourg médiéval du XIIIème siècle abandonné à une lente décadence depuis plus d'un siècle. Engagés et déterminés à faire revivre ce petit joyau d'architecture populaire, ces visionnaires ont opéré une importante rénovation en respectant le caractère original du bourg et du territoire environnant, pour créer des résidences fixes et mettre en place des activités économiques respectueuses de l'environnement, initiant dans la région, la première expérience d'éco-rénovation d'un village entier.
Situé dans l'arrière-pays de la Ligurie Occidentale, près de Ventimille (province d'Imperia), à quelques kilomètres de la mer Méditerranée et de la frontière française, entouré d’oliviers, d’agrumes, de mimosas et d’une végétation typiquement méditerranéenne, le village médiéval de Torri Superiore est situé au pied des Alpes Ligures, sur les pentes du Mont Grammondo à 80 mètres d’altitude.
Un savant mélange d'architecture vernaculaire et de matériaux écologiques
La structure complexe et fascinante de Torri Superiore se développe sur huit niveaux, créant un réseau de pièces et de passages étroitement imbriqués qui créent des effets charmants et inattendus. Le bourg comporte environ 160 pièces, à plafond voûté (à forme de baril ou croisé), liées par d’étonnants labyrinthes d'escaliers, de terrasses et de ruelles. L'étude approfondie de la structure a conduit, au fil des ans, à l'élaboration d'un projet, complexe, de rénovation du bourg médiéval.
Les caractéristiques architecturales ont été soigneusement préservées et valorisées tout en intégrant des principes de construction écologique. Pour conserver l'aspect extérieur de pierres maçonnées à la chaux, l’isolation est posée par l’intérieur avec des panneaux de lièges ou de feutre. Afin de gagner de la place dans les espaces confinés, des tuyaux de chauffage ont été coulés dans l'enduit intérieur directement sur les panneaux isolants des murs exposés au sud. Des panneaux solaires ont été disposés sur les flancs et sur les terrasses derrière le hameau, limitant ainsi leur impact visuel. Associés à des serpentins de cuivre, qui courent sur les toits et autour du four à pain, ce dispositif permet de limiter l’usage de la chaudière à gaz, qui reste cependant indispensable.
Le charme et le caractère des petites pièces voûtées, chers aux résidents, ne sont pas encore reconnus pour leur valeur patrimoniale. Soumis aux strictes réglementations d’aménagement et d’urbanisme locales et aux critères d’éligibilité des établissements accueillant du public, c’est un réel effort de faire valoir et de convaincre les autorités de la valeur patrimoniale du travail réalisé.
Un lieu propice au développement d'une activité communautaire
L'étude du site semble révéler historiquement une organisation communautaire du hameau. En effet, conserver l'identité architecturale a notamment permis de réorganiser un réseau d'espace communautaire et d'espace privé, qui sont autant de lieux de recueillement et de lieux d'expression. La majorité des salles sont de petites tailles, toutefois, quelques unes font l'exception. L'agencement global permet ainsi un bon équilibre entre espace privé et public. Les petites pièces voûtées, les nombreuses terrasses et leur imbrication, les unes par rapport aux autres, donne l'impression de pouvoir passer rapidement d'un lieu intime et réservé à un espace convivial et communautaire.
« Nous avions trouvé là un lieu propice pour construire un projet social, environnemental et nouveau» explique Luciano, un retraité non résident et associé du Projet Torri Superiore depuis sa re-fondation. Avant de rajouter « Nous ne nous sommes inspiré de personne ». Cette ambition de conjuguer la réhabilitation d'un village avec un projet social et environnemental s'est traduite par la création de l'association culturelle "Torri Superiore" en 1989.
Les objectifs à long terme visent à valoriser le bourg médiéval, en favorisant l'installation des nouvelles résidences, en ouvrant un centre culturel, et en accueillant des groupes et des particuliers curieux d'approfondir cette nouvelle approche de vie communautaire. L'association Torri Superiore offre des cours, théorique et pratique, sur des thématiques liées à la vie en communauté, aux travaux agricoles et manuels, au respect des personnes et de l'environnement. Depuis 1992 Torri Superiore a accueilli 25 chantiers de volontaires internationaux avec Legambiente (principale organisation environnementale italienne). Des centaines de jeunes de tous les continents ont contribué en groupe ou en tant que particulier, à restaurer le bourg et ses alentours, en recevant en échange l'opportunité d'expérimenter un style de vie communautaire et écologique.
Ouvert à l'éco-tourisme depuis 2000, le visiteur est accueilli dans une ambiance simple et informelle. C'est au détour de ses ruelles ou autour de la table, partageant un menu principalement biologique avec les résidents, qu’il découvrira la philosophie ou le coeur du projet de rénovation de Torri Superiore, où comment vivre et se développer dans le consensus.
Se tourner vers l'avenir dans le consensus vers plus d'agriculture biologique
Dans une atmosphère détendue, à Torri Superiore on s’active et on se concerte pour inventer un nouveau modèle de vie. De nombreuses nationalités sont représentées, sans qu’aucune idéologie, et religion ne soit proclamées. On comprends au fil des discussions que les résidents partagent les mêmes valeurs et cherchent à recréer une vie de village où chacun est écouté et libre de s'exprimer. Dans ce modèle d’organisation sociale, on distingue les associés, les résidents et les visiteurs.
Les grandes orientations de gestion de Torri Superiore sont décidées au cours de l'Assemblée des associés, qui a lieu deux fois par an. L'Association est propriétaire d’une grande partie de l’éco-village*, aujourd'hui géré par la Société Coopérative Ture Nirvane, fondée en 2000 pour terminer la restauration et permettre les activités culturelles et de réception.
Le groupe de résidents est constitué de 17 personnes, dont 5 enfants… bientôt 6. Outre des activités salariées au sein de la coopérative ou à l’extérieur de Torri, certains développent une activité agricole tournée vers l’oléiculture et la permaculture*. Une réunion par semaine permet à chacun de s’exprimer. Chaque décision doit en effet être prise dans le consensus.
L’arrivée de jeunes résidents, les multiples rencontres et le bouillonnement d’idées nouvelles qu’elles produisent permet de trouver des solutions pour concilier le développement économique de l’éco-village et les objectifs initiaux de l'association. Issu du consensus, se discute actuellement à Torri Superiore le développement d’un plus large projet orienté vers l’agriculture biologique. Ce volet agricole, déjà engagé puisque la communauté de Torri Superiore est membre fondateur de l'Académie de Permaculture Italienne, sera peut-être un axe majeur de développement à l’avenir. Il est en effet nécessaire de trouver des solutions économiques pour finaliser les 20% de rénovation du village restant.
Aujourd’hui largement reconnu, ce petit oasis a certainement besoin d’une reconnaissance plus forte des autorités publiques locales et internationales pour bénéficier de leviers financiers lui permettant de continuer son projet éducatif, social et environnemental innovant.

Qu'est ce qu'un éco-village ?
Un éco-village est un lieu de démonstration et d'expérimentation des idées et techniques nouvelles ou traditionnelles visant à construire un futur durable. Chaque éco-village a son orientation, sa sensibilité et son fonctionnement propre. Loin de représenter, une sorte d'enclave autarcique, il est intégré dans le tissu local, économique et institutionnel, dont il constitue un pôle attractif et innovant. Il est aussi l'occasion d'un important brassage humain et économique dans des régions parfois reculées : accueil touristique, formation, création d'entreprises, agrobiologie, vie artistique, réinsertion, pédagogie alternative, etc.
Le Réseau GEN - Global Ecovillage Network - est le réseau mondial des éco-villages. Fondé en 1995 (suite au sommet de Rio pour un développement soutenable et respectueux de l’environnement), il compte des milliers d'associés dans le monde et développe programmes d'éducation, d'information et de promotion du modèle éco-village auprès des organismes nationaux et extra nationaux comme les Nations Unies.
De 1999 à 2003, le secrétariat du réseau européen GEN-Europe a été hébergé à Torri Superiore. Il reste ouvert un bureau décentre lié au secteur informatif (GEN IS -Information Services). Torri Superiore est actuellement le siège légale du GEN et il est membre fondateur de la RIVE - Rete Italiana Villaggi Ecologici.
En savoir plus : http://gen.ecovillage.org/
La permaculture
Ensemble de pratiques et de mode de pensée visant à créer une production agricole soutenable, très économe en énergie. Elle vise à créer un écosystème productif en nourriture ainsi qu'en d'autres ressources utiles, tout en laissant à la nature "sauvage" le plus de place possible. Elle utilise des notions d'écologie, de paysagisme, d'agriculture biologique et de pédologie. La permaculture invite à mettre ces aspects théoriques en relation avec les observations réalisées sur le terrain.
En savoir plus : www.permacultura.it
Un reportage d'Amandine & Jérôme
suite au premier voyage test
de 200 km avant le grand départ,
de l'arrière pays niçois à Torri Superiore,
effectué en mars dernier.
Reportage bientôt consultable sur le site !
19:47 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : torri superiore, éco-village, imperia, alpes ligures, activités communautaires, agriculture biologique, permaculture










