09.06.2008
L'Environment Park de Turin en Italie...
... entre écologie, urbanisme et nouvelles technologies.
Situé au coeur de l'agglomération de Turin, l'« Environment Park » constitue une expérience innovante de réhabilitation urbaine combinant nouvelles technologies, faible impact environnemental, recherche et développement, échanges d'expériences et expérimentations. Fondé en 1996 à l'initiative de la Région Piémont, de la Commune de Turin et de l'Europe (financement FEDER), l'« Environment Park », aujourd'hui géré par une société privée, est l'un des premiers parcs scientifiques et technologiques de l'Union européenne entièrement consacré aux technologies environnementales.
La valorisation d'un ancien site industriel
Suite à la crise industrielle, toute une zone occupée par des industries lourdes (aciérie, métallurgie, automobile) fut progressivement abandonnée jusqu'à la fin des années 80. Pour réhabiliter le site, plusieurs agences d'urbanisme et architectes ont été mobilisés. En effet, il s'agissait pour la municipalité de créer un nouveau pôle technologique tout en permettant aux Turinois de se réapproprier les lieux. Situé à proximité du centre ville, et donc facilement accessible par les axes routiers, le site compte aujourd'hui, un grand espace vert, des zones de services et des quartiers résidentiels à proximité.
Promouvoir et développer les technologies environnementales
Cet aménagement vise à accueillir des entreprises novatrices dans les domaines de la protection de l'environnement et du développement durable. Bien que la construction des structures de ce parc technologique soit encore en phase d'achèvement, une trentaine d'entreprises, dont une quinzaine de création récente, sont installées sur le nouveau site.
Toutes ces entreprises sont présentes dans le secteur des services technologiques environnementaux (études d'impact, assainissement des sols, analyse des niveaux de pollution, etc.). À plein régime, ce centre de 30.000 m² pourra accueillir une soixantaine d'entreprises, des laboratoires de recherche universitaire et une section du Conseil national de la recherche.
Intégration paysagère, choix énergétiques et architecture durable
L'ensemble des édifices et des équipements ont été conçus selon de nouveaux concepts d'architecture, notamment dans les domaines de la gestion de l'eau et de la gestion énergétique. Le facteur clé de ce projet est l'intégration de différentes technologies.
Offrant un nouveau paysage urbain, l'utilisation de toitures végétalisées (30 cm de terre recouverte d'une couche d'herbe) permet une meilleure isolation des bâtiments en été et en hiver, une fixation des polluants contenus dans l'air et dans les eaux de pluie et une bonne isolation acoustique.
La « voile » photovoltaïque avec une puissance de 16,32 kWp*, fonctionne depuis avril 2003. Une analyse fine du site a permis de positionner les structures photovoltaïques de façon à ce que les bâtiments existants et futurs ne produisent pas d'ombre aux différents moments de l'année et de la journée.
Certaines solutions, plus discrètes, symbolisent tout autant l'innovation et l'engagement présent sur le site. Une attention toute particulière a été apportée aux choix des matériaux utilisés avec pour objectif un impact environnemental aussi bas que possible. Le bois a largement été utilisé pour les parties structurelles, l'isolation ou les sols. Le bois local comme le peuplier ou le mélèze provenant du piémont a été privilégié. De nouveaux matériaux, facilement démontables et réutilisables, ont été favorisés : briques de bois encastrables (montage sans colle) ou briques de bois creuses remplies de fibre de cellulose.
Les déchets provenant du chantier ont été triés puis recyclés.
90% du potentiel thermique utilisé par le parc est produit par des chaudières à bois non traitées. Ces chaudières utilisent également des déchets des scieries et de taille d'arbres de la ville.
Un système innovant, appelé « blue building », basé sur une façade interactive utilise une double vitre intérieure et une vitre extérieure pour permettre une illumination maximale des espaces intérieurs par la lumière naturelle et une bonne isolation acoustique. Ce système permet également d'utiliser moins d'énergie pour rafraîchir ou réchauffer le bâtiment.
Un système de récupération des eaux de pluie et de lagunage pour les eaux grises permet de recycler cette eau pour l'irrigation des espaces verts et les sanitaires. A terme, les responsables du parc souhaitent utiliser pour le fonctionnement du site uniquement des sources d'énergies renouvelables. Une cascade de 5,50 m de haut devrait permettre d'installer une turbine capable de produire 380.000 kWh par an. La construction de cette micro-centrale hydraulique devrait permettre d'atteindre l'indépendance énergétique du parc technologique.
Favoriser les échanges d'expériences
Au sein du parc, PME, centres de recherche et startups peuvent se regrouper, apporter leur spécificités et développer des projets conjointement.
Cette dynamique d'échange d'expériences s'étend au delà des limites du site, puisque l'« Environment Park » fait partie du réseau des parcs technologiques « Tecnorete » du Piémont Italien et qu'il participe aux échanges transfrontaliers avec différents pôles technologiques français (Hautes Alpes Développement, Savoie Hexapole, Savoie Technolac).
Ces échanges de bonnes pratiques entre zones d'activités urbaines devraient apporter aux autorités et aux institutions locales, de nouvelles solutions environnementales en matière de gestion du foncier et d'aménagement durable. En outre, cela ouvre de nouvelles voies quant à la revalorisation des espaces urbains délaissés, lorsque comme à Turin, il est question d'inventer un nouvel avenir aux friches industrielles pour en faire une partie intégrante de la ville.
Un reportage d'Amandine & Jérôme
daté de mai 2008, et consultable sur le site !
Contacts et informations : www.envipark.com

* Le kWc (kilowatt crête) encore nommé kWp (kilowatt peak) est la puissance maximum fournie par une installation exposée au mieux (en théorie 1 kW/m²) et ne représente qu'un cas particulier, l'exposition solaire étant variable.
19:55 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : environment park, italie, turin, parc technologique et scientifique, tecnorete
16.05.2008
"Première destination, le piémont italien"
L'article qui suit est extrait du journal de bord d'Amandine et Jérôme, consultable sur le site, et fait suite au récit du départ qui a inauguré ce blog. Nous attendons vos réactions sur l'arrivée en terres italiennes sous forme de commentaires !
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LE COL DE L'ECHELLE ENNEIGE
La descente vers Bardonnechia (1300 mètres d'altitude) en l'Italie passe par le versant nord, encore largement enneigée à cette saison. La route est entrecoupée de coulées de neige. La progression est lente et délicate, les sensations sont fortes.
Le passage du Col de l'Echelle
Bénis par la pluie, nous nous arrêterons au camping en contrebas pour une autre douche... chaude cette fois-ci.
DESCENTE VERS TURIN
Nous descendrons la “vallée di Susa” pendant deux jours. Des aménagements importants témoignent du dispositif d'accueil mis en place pour les Jeux Olympiques d'hiver en 2006. Les nombreux forts et fortifications sont également le symbole de la position géostratégique de ces vallées proches de la frontière.
Cette douce transition de l'étage montagnard à l'étage collinéen, est rythmée par une végétation de plus en plus estivale et par des villages traditionnels aux toits de lauzes impressionnantes par leur taille et leur épaisseur. La charpente pour supporter un tel poids est-elle particulière ?

Après Suza, la proximité de Turin, capitale régionale, se fait sentir de plus en plus. L'habitat est plus dense et plus moderne, les toits de lauzes font place aux tuiles rouges.
Arrivés près de Turin, la deuxième plus grande cité industrielle Italienne après Milan, sous une pluie battante, nous rejoignons l'école de Cirque de Grugliasco pour rencontrer nos futurs hôtes, Moniqua et ses amis du Brésil et de Sicile. Une soirée en leur compagnie nous permettra de parfaire notre italien.
Si la banlieue industrielle et résidentielle de Turin n'a rien de séduisante, les collines à l'est forment une immense ceinture verte offrant de superbes vues sur les sommets alpins enneigés.
Le jeudi, nous faisons un bref détour au coeur d'un quartier résidentiel récent pour découvrir l'Environment Park, une initiative innovante de réhabilitation de friches urbaines (bâtiment éco-énergétique, toitures solaires et végétalisées, bassins de phytoépuration, etc.). Ce projet d'envergure semble être exemplaire. Vous pourrez le découvrir dans un prochain reportage.
Direction maintenant la plaine du Pô puis le lac de Garde par les rails, lieu de villégiature traditionnelle des Milanais et des visiteurs venus de toute l'Europe.
A suivre...
Amandine & Jérôme
19:29 Publié dans Carnets de route | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : des vies et des idées d'ailleurs, éco-habitat, vallée di suza, bardonnechia, milan, turin, environment park




