13 avril 2009

Décorer un toit ou une façade en bardeau...

Le bardeau (aussi appelé « tavaillon » ou « ancelle ») est une planchette de bois qui sert de revêtement aux toitures et façades.

Utilisé traditionnellement, il est aujourd’hui à la mode, car il offre à la fois authenticité, esthétisme, durabilité, confort hygrométrique et acoustique et respect de l’environnement, des paysages et du patrimoine.

Les toits en bardeau peuvent prendre, d'une région à une autre, de multiples textures et apparences, selon la taille, l'épaisseur, la forme et le type de bois utilisés.

Généralement, on appose 2 à 3 couches de bois, et ceci pour une durée moyenne d'une vingtaine d'années. La dernière couche, extérieure, peut-être décorative.

On a pu remarquer qu’il existe plusieurs techniques de pose, en quinconce, se chevauchant…

Un bardeau fin pourra prendre des formes arrondies donnant au toit un aspect charmant.

 

Voici en image quelques toits en Roumanie et au Japon.

 

 

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1/ Toit bardeau simple d’une maison dans le Maramures, Roumanie.  
2/ Toit bardeau décorée d’un porche, Maramures, Roumanie.




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3/ Toit bardeau décorée d’une église, Maramures, Roumanie.
4/ Toit bardeau d’une maison, chevauchement alterne, Maramures, Roumanie.


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5/ Toit bardeau vieilli d’une maison, Maramures, Roumanie.
6/ Toit, Kyoto, Japon.



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7/ Toit bardeau décorée d’une église, Apusenis, Roumanie.

 

 

Pour plus d'informations :
Site : http://www.archilibre.org/materiaux/bardeaux/bardeaux.html
Sur le métier de tavaillonneur en Savoie : http://www.toiture-tavaillon.com/

 

12 octobre 2008

Recycler une maison de bois...

... pour maintenir des savoir-faire et développer le tourisme.

Reportage auprès du Clubul Montan Apuseni – Cheia, Roumanie
Un dossier d'Amandine FANTONI et Jérôme BOUQUEMONT réalisé en sept. 2008.

 

 

Un clic pour agrandir !La Roumanie offre encore aujourd'hui une fabuleuse mosaïque d'architecture populaire. La maison traditionnelle, témoin d'une histoire locale, rend hommage à l'imagination et au savoir-faire des hommes qui ont cherché à s'adapter à leur environnement.

Porteur d'un projet de développement éco-touristique dans les Apuseni, une région isolée de moyenne montagne, le Clubul Montan Apuseni cherche à développer l'offre touristique, notamment de randonnée et de découverte des patrimoines, pour revitaliser l'économie de ce territoire et sensibiliser à l'environnement.

 

Cet été 2008, aura été l'occasion de réhabiliter une maison traditionnelle en bois pour préserver des savoir-faire et disposer d'un nouvel espace pour accueillir et informer les visiteurs.


Un clic pour agrandir !Dan MOISA, Président du Clubul Montan Apuseni organise un chantier avec Cordea Marin, Maître-artisan et Peace Corp., organisation américaine de volontariat international. Durant une semaine, une trentaine de volontaires vont pouvoir s'initier aux méthodes de construction locale... et vivre une fabuleuse aventure roumaine !

 

 

Dans les Apuseni, les maisons traditionnelles présentent une structure en bois massif de type « poutres ». Cette structure « simple et brute » rend la maison traditionnelle roumaine facilement démontable. Il est ainsi courant d'acheter une maison sans le terrain, de la démonter, la déplacer, puis de la remonter sur un autre terrain. En apparence, rien de très complexe dans cette entreprise, toutefois, l'exemple du chantier de Cheia et le savoir du maître artisan, sont source d'apprentissages.

 

Si les maisons traditionnelles en bois de Roumanie présentent des similitudes, on distingue dans chaque village les signes de leur singularité (maison du charpentier, maison du meunier, etc.) et de l'inventivité de leurs occupants (décoration et gravures sur les porches, les portails, etc.). L'éventail des matériaux utilisés permet également de laisser s'exprimer les savoir-faire et les techniques. Les espaces de vie, présentent généralement la même organisation, cependant la maison principale, l'organisation de la parcelle et le positionnement des bâtiments annexes (cuisine d'été, toilettes, bâtiment agricoles, etc.) entretiennent une étroite relation avec leur proche environnement (ensoleillement, vents et situation de la parcelle, etc.).

A Cheia, la maison originelle était composée d'une pièce principale carrée, destinée à dormir, manger et cuisiner. Une entrée étroite permettait d'alimenter le feu pour fumer la viande à l'étage. La nouvelle maison devant répondre à sa vocation d'hébergement touristique, il a fallu repenser ses contours selon ces objectifs : utiliser principalement les matériaux de l'ancienne maison, respecter au maximum les méthodes traditionnelles pour la reconstruire et élargir les ouvertures pour plus de luminosité.

 

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Laissée à l'abandon depuis plusieurs années, de nombreuses poutres étaient en mauvais état et d'autres inutilisables. Il aura été nécessaire de réduire la taille du nouveau bâtiment et produire de nouvelles poutres sur place.

Isolé au coeur des Montagnes Apuseni, le village de Cheia, ne permet pas d'acheminer des matériaux par la route. Pour s'y rendre, Il faut emprunter les sentiers. Une main d'oeuvre importante pour le transport du bois et le remontage de la maison était nécessaire. Tout s'est fait à dos d'homme !

 

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Un clic pour agrandir !Le sous-bassement de la maison a été réalisé en extrayant des pierres et du sable de la rivière voisine. Cette procédure réveilla les plus conservateurs des milieux naturels chez les volontaires... Faut-il préserver un éco-système ou des savoir-faire ? Un débat était lancé ! L'encastrement des poutres a suivi le principe traditionnel de type « tenon/mortaise ».

 

Traditionnellement, seuls des clous de bois étaient utilisés pour solidariser la structure. Si de nouveaux clous de bois ont été taillées pour remplacer les anciens, des clous en acier sont toutefois venues parfaire cette structure. Les nouvelles poutres ont été réalisées sur place. L'oeil et la hache de l'artisan, aussi aiguisés soient-ils, n'ont pas permis d'éviter de légers espaces entre les poutres. Pour cela, un treillis de bois directement disposé sur les poutres sera fixé afin d'appliquer un enduit qui permettra d'aplanir la surface et de parfaire l'isolation. On retrouve localement deux types d'enduits : un mélange sable-paille-terre argileuse ou plus simplement un mélange  « bouse » de vache et paille. La maison rénovée présentera des poutres apparentes à l'extérieur et un treillis de bois enduit à la chaux à l'intérieur. La toiture et sa structure n'étaient plus en état sur la maison originelle. Un toit de chaume traditionnel sera réalisé par un maître artisan spécialisé dans ce domaine. Localement, cette spécialité devient rare. Il s'agit en effet, de mélanger des branchages et de la paille en les disposant du bas vers le haut. Tassée au fur et à mesure par le poids de l'homme, la couverture est lissée au râteau puis égalisée avec un large outil tranchant. Solidement comprimée grâce à de larges pieux verticaux qui pointent vers le ciel, la couverture est rendue solidaire de la structure bois, ce qui lui assure un bonne résistance notamment au vent. La forte pente et le lissage de la couverture permettent d'éviter les accumulations de neige et les infiltrations d'eau. Traditionnellement, aucune ouverture ne laissait la fumée s'échapper. Au fil du temps, une épaisse pellicule de suie profitait à l'étanchéité et éloignait les rongeurs.

 

Un clic pour agrandir !La construction de cette maison a permis de réhabiliter un bâtiment traditionnel qui tombait en ruine, de recycler l'essentiel des matériaux de ce dernier, d'initier de nombreux volontaires aux techniques de constructions traditionnelles et ainsi de contribuer au maintient des  savoir-faire locaux. Une fois finie, cette maison entièrement construite avec des matériaux extraits de l'environnement proche aura la noble particularité de se fondre dans son paysage, tout en rappelant aux randonneurs, les nombreux tas de foins coniques qui parsèment  les paysages de ces belles montagnes.

 

Loin d'être représentatif des initiatives de développement du secteur touristique roumain, espérons toutefois que ce projet inspire promoteurs et développeurs... Ahhh ! qu'il fait bon vivre  dans une chaumière !

14 août 2008

Randonnées avec Dan MOISA dans les Apusenis

Carnet de route roumain de la quatrième semaine de juillet

 

Dan Moisa et le Clubu Apusenis Montana

Passionné de montagnes, d'environnement et de son Pays, Dan est comme beaucoup de “Roumains”, il possède un nombre impressionnant de casquettes : électricien, aide aux porteurs de projets, Président d'une association... et guide touristique.

 

Apusenis   Apusenis

 


Né à Cluj Napoca, il propose aujourd'hui des tours à la carte pour découvrir paysages, savoir-faire traditionnels, langage, partage et accueil chaleureux... Pour nous ce sera : maisons de bois, vieux moulins, randos pépères et nuit dans le foin.


Fier de sa région et de cet héritage, il tente avec son association “le Club Apusenis Mountains” de développer une offre touristique familiale tout en préservant les savoir-faire locaux. C'est d'ailleurs avec lui que nous irons au début du mois d'août construire une maison traditionnelle en bois et chaume.

 

Apusenis   Apusenis


Nous l'avons accompagné pendant 5 jours à bord de sa typique Dacia à travers les Apusenis du sud.

 

Apusenis   Apusenis

 

 

Les Apusenis

Aussi appelées les Alpes de Transylvanie, les Apusenis sont un ensemble montagneux complexe perché entre 1200 et 1800 mètres d'altitude. Des paysages pittoresques aux formes variées du fait de formations karstiques et métallifères vous mènent de la forêt aux pâturages en passant par quelques falaises impressionnantes qui cachent de belles cascades.

 

Les mines d'or de Rosia Montana

Rosia Montana, est un petit village au coeur des Apusenis. Mais que ce passe t-il ? Des maisons vides qui tombent en ruines, et qui portent l'écriteau "Propriété de Rosia Montana Gold Corporation".

Depuis plusieurs années, Rosia Montana Gold Corporation (RMGC) rêve d'exploiter ce qui deviendrait la plus grande mine d’or à ciel ouvert d’Europe. Ce projet, actuellement suspendu par les autorités, reste très controversé à cause notamment de l’utilisation du cyanure dans le procédé d’extraction du métal précieux et des imposants lacs de décantation. De plus, comme le précise le rapport de la Commission de la chambre des députés européens, “le projet Rosia Montana nuit à l’environnement et au patrimoine national et transfrontalier. La promotion de ce projet entraînera la démolition de 41 maisons considérées comme monuments historiques, la suppression de plusieurs écoles, la mutation de 11 cimetières, alors que les personnes mises en disponibilité à Rosia Montana ne seront plus engagées par la Gold Corporation.” Le rapport indique aussi que peu nombreux sont les habitants de cette zone de la Roumanie en accord avec cette démarche.

 

Rosia Montana est le plus vieux site d'exploitation minière en Roumanie et peut-être en Europe (environ 1870 ans). Fière de cet héritage, l'association Alburnus Maior (nom romain de Rosia Montana) initie une série de projets et propose des alternatives de développement. Le tourisme est un des secteurs que l'association veut développer, en invitant les visiteurs à découvrir le patrimoine historique, culturel et naturel de la région.

 

 

Rosia Montana   Rosia Montana

 

Dan nous fait découvrir de splendides panoramas et nous dessine, là-haut sur la montagne,  le projet minier... Difficile de s'imaginer que si le projet est voté, la montagne où nous sommes ainsi que ses voisines seront rasées... puis dissoutes pour extraire le précieux minerai. Gloups ! 

 


Contacts :

http://clubapuseni.ro/

http://www.rosiamontana.org/

09 août 2008

Le Maramureş et le plan de développement urbain de Petrova

Carnet de route de la troisième semaine de juillet

De Budapest, nous prenons le train pour Cluj Napoca, au coeur de la Transylvanie. Nous quittons les plaines des grandes cultures hongroises pour découvrir les vallées rurales roumaines où une agriculture traditionnelle persiste.

Les paysages sont piquetés de tas et de haies de foin, ce qui les rend très différents des campagnes françaises. Les contrastes semblent marqués en Roumanie, et les modes de vie entre la ville et la campagne très différents.

Maramureş  Maramureş

Nous restons un jour à Cluj Napoca, dans le charmant Retro Youth Hostel puis faisons route au nord de la Roumanie. A Petrova, au sein du parc naturel du Maramureş, nous participons à une semaine intensive de charrette* sur le plan de développement urbain d'un village et sur la préservation de ses habitats traditionnels en bois (voir ce lien et le prochain reportage).

Le Maramureş est une région de montagnes, enclavée au nord-est de la Roumanie, à la frontière de l'Ukraine. Il est réputé pour ses traditions où sculptures et maisons en bois dominent. Si la région est restée relativement préservée des bouleversements du XXème siècle, on assiste de plus en plus à une modernisation du bâti traditionnel et à une perte de l'identité architecturale de ses villages.

Organisée en partenariat avec le Parc naturel des Maramureş et INTBAU (International Network for Traditionnal Building, Architecture and Urbanism), cette semaine intensive doit permettre de proposer des alternatives.

Maramureş  Maramureş

Nous sommes accueillis chez Violika, une hôte fabuleuse. Nous sommes une vingtaine : architectes roumains, anglais, estonien, italien et américain et les étudiants des écoles d'architectures de Bucarest et de Cluj Napoca.

Ce court séjour nous permet de mieux comprendre le quotidien des habitants de la région, de découvrir leurs maisons, leur accueil chaleureux, leur merveilleuse Tuica qui délie les langues du matin jusqu'au soir, et leurs traditions entre danses, costumes et maisons de bois. Nous sommes charmés par les proportions de ces maisons traditionnelles.

Le maire de Petrova, ses représentants, les professeurs de l'école, et la majorité des habitants participeront volontiers. Voir autant de personnes s'arrêter devant les maisons pour griffonner et poser autant de questions n'est pas courant !

Maramureş  Maramureş

Entourés de tous ces architectes, nous comprenons un peu mieux ce métier, à la confluence entre art et ingénierie. Nous essaierons tant bien que mal de nous mettre au dessin des perspectives...

Mattew, Susan, Aura et Laura organisent notre ébullition avec soin. C'est un réel plaisir de travailler dans ces conditions (voir la vidéo...) !

 

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Une « charrette » (mot français utilisé par les anglo-saxons) désigne une cession de travail sur un thème plus ou moins précis devant permettre aux participants d'apprendre tout en mettant en pratique. Plusieurs sous-groupes impulsent des réflexions et confrontent leurs opinons pour trouver une solution.

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