23 janvier 2009

Maisons arboricoles et projet de développement local

 

« The Gibbon Experience »...
Le rêve et l'innovation au service de la communauté

Interview de Jean-François REUMAUX, initiateur du projet.
Réserve de Bokéo, Laos.

 

 

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« Face à la complexité des problématiques environnementales, place à la créativité et à l'innovation (...) Plutôt que de détruire la forêt, essayons de lui donner une réalité économique et sociale pour prouver que sa protection peut être rentable. »

Jean-François REUMAUX

 

 

Au nom de la biodiversité et d'une conscience environnementale grandissante à l'échelle internationale, des organisations du monde entier tirent la sonnette d'alarme. La communauté internationale comptabilise les espèces en voie d'extinction et les dégâts irréversibles causés au milieu naturel. Dans les forêts d'Asie du sud-est, braconnage, agriculture par défrichage-brûlis et déforestation sont pointés du doigt.

Définir une aire protégée pour y appliquer des mesures restrictives de protection se heurte aux pratiques culturelles, aux politiques locales de développement, aux intérêts et lobbying des investisseurs étrangers. Dans ce contexte économique et social complexe, similaire à de nombreux pays en développement, il ne suffit pas de faire des lois pour les faire appliquer.

La réserve naturelle de Bokéo, riche de sa biodiversité, compte de nombreuses espèces d'oiseaux, d'insectes et de mammifères, dont des gibbons à crête noire, des ours, des tigres, des buffles et des éléphants.

Lors de sa création sur 123 000 hectares de forêt ancienne peu habitée, émerge pour la première fois au Laos l'idée que la protection de l'environnement peut être orchestrée par les communautés résidentes, lesquelles possèdent une profonde connaissance de la vie de la forêt. Des équipes de gardes forestiers, pour la plupart anciens braconniers, deviennent alors chargées de la protection de leur patrimoine forestier.

Dans cet esprit, naît quelques années plus tard, un concept original visant à accueillir du public dans la réserve. Il s'agit de créer un réseau de maisons arboricoles reliés par des tyroliennes pour habiter et découvrir la canopée avec des guides locaux.

 

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Chaque maison est située dans une vallée différente, laissant aux visiteurs, entre autres plaisirs, le luxe de méditer sur l'immensité de la forêt ancienne, sa protection et les modalités de sa mise en oeuvre.

Les objectifs sont multiples : lutter contre le braconnage et la déforestation, protéger les espèces en danger et la forêt primaire, améliorer le niveau de vie des population locales, sensibiliser à la préservation des ressources, ne pas dépendre des subventions, redistribuer les fonds à la protection de la forêt...

 

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La société ANIMO (SARL de droit Laotien), mandatée par le gouvernement pour protéger le patrimoine forestier de la réserve, s'applique à mettre en oeuvre différentes actions. Chantiers arboricoles, comptages et réintroductions d'espèces, maintenance des infrastructures (etc.) emploient progressivement un nombre croissant de villageois. A ce jour, ils sont plus de 70 personnes à travailler pour le projet : guides, chauffeurs, gardes forestiers, et même des cuisinières et des femmes de ménages arboricoles. Autrement dit, c'est toute une économie qui s'est créée autour de la conservation du patrimoine forestier. D'autre part, c'est une aire protégée qui s'appuie sur les pratiques culturelles. Ainsi, c'est un nouvel avenir qui se dessine pour ces populations. Savoir-faire et traditions ne riment pas ici avec le passéisme romantique qui figent le développement des minorités. Les guides parlent de mieux en mieux l'anglais, s'occupent à protéger leurs ressources, investissent dans le développement de leur village, notamment agricole.

Pour Jean-François REUMAUX, « un indicateur de bonne santé du projet, c'est que personne n'a encore souhaité l'abandonner... à l'exception d'une femme enceinte » !

 

Habiter la canopée

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« Notre objectif, c'est de vivre au dessus de la forêt, dans la canopée (...) lorsqu'on construit à ces hauteurs (plus de 30m du sol), on est par nature dans l'expérimental ».

En effet, si le rêve est similaire, on ne réalise pas de telles structures comme on construit une simple cabane. Environ 6 mois de travail sont nécessaires à une équipe de 5 personnes pour réaliser une maison dans cet environnement (hauteur de l'arbre, isolement du site, etc.).

 

« Sélectionner un arbre pour élever une maison à ces hauteurs, c'est d'une part travailler avec les locaux, écouter leur récit, leurs connaissances des arbres et de la vie de la forêt ». En effet, il faut prendre en compte différents paramètres : essence, santé et solidité de l'arbre dans son ensemble, nature du sol et enracinement. D'autre part, la position de l'arbre doit offrir un panorama intéressant et disposer dans la mesure du possible d'une source plus élevée que la maison pour que l'eau parvienne par gravitation.

Le choix du bois utilisé pour la construction impose de privilégier la légèreté, tout en conservant une relative dureté contre les termites et les rongeurs. Les différents bois utilisés proviennent de la réserve de Bokéo. Ils sont d'une densité de 0,55 à 0,75. Dans les salles de bains, sols et murs sont constitués de bois de rose imputrescible d'une densité de 0,95.

Ces structures sont protégées de la pluie par des toitures en feuilles de rotin ou de palme ce qui ne contraint pas à l'utilisation de traitement spécifique. Toutefois, la pente du toit devra être suffisamment forte pour limiter les infiltrations d'eau. Chaque arbre est équipé de paratonnerre et de haubans pour limiter les effets de balancements en cas de tempête.

Enfin, ce n'est pas moindre, il faut « mettre l'esprit de l'arbre et de la forêt dans le coup », on ne construit pas comme on veut dans la forêt. Les Laos organisent une cérémonie pour que les esprits acceptent qu'une maison soit édifiée à cet endroit.

 

Travailler dans le milieu de la construction « au sol » est un plus, s'inspirer d'une bonne bibliographie d'architecture arboricole l'est également, et la richesse, pour Jean-François REMAUX c'est d'avoir travaillé avec des « perles » comme il les appelle, tous spécialistes dans leur corps de métier respectif : chef de chantier, artiste-forain, installateur de téléski, architecte naval... « Avec l'expérience, on imagine plus facilement la forme finale que va prendre la maison, mais au début chaque poutre et chaque plancher posé amène à des modifications jusqu'à ce que l'on trouve un sens de circulation naturelle à la maison ».

 

Éléments d'architecture arboricole expérimentale

« On estime ne pas de modifier fondamentalement la nature de l'arbre (...) A 80% de sa hauteur, une maison arboricole constitue un supplément de 2 à 3% du poids de l'arbre ».

 

Type 1 : maison « Mak Hay » (plusieurs niveaux échelonnés entre 36 et 40m au dessus du sol).

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Arbre : Ficus annulata

Principe architectural : Poutres suspendues sur étriers

DSC_0368.JPGDSC_0371.JPGLe plancher est fixé aux poutres suspendues. Une terrasse sommitale et centrale agit comme précontrainte pour soulager l'effort exercé sur les branches porteuses.

Dans cet arbre, on trouve de nombreuses branches presque horizontales qui ont déjà l'habitude de porter leur propre poids. Elles sont donc moins sujettes à l'arrachement. La toiture est également suspendue.

 

 

 

Type 2 : maison « Ikos » (22m au dessus du sol)

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DSC_0429.JPGArbre : Ficus annulata

Principe architectural : Structure géodésique préconçue (polyèdre régulier : 20 faces équilatérales)

Le poids repose sur un point central. Les forces sont reparties sur l'ensemble de la structure. Un pneu soulage le point d'appui central. La structure a été agrandie avec des barres de flèches façon navale. La toiture est en tôle à cause de sa faible pente.

 

 

Type 3 : maison « Kisi » (38m au dessus du sol)

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DSC_0450.JPGArbre : Vatica Cinerea

Principe architectural : structure octogonale fixée sur un pilier central (ou parapluie inversé)

DSCF1241.JPGLes poutres sont fixées au tronc grâce à des plaques métalliques et à des tire-fond ancrés dans la partie dure de l'arbre. Le plancher est fixé à ces poutres. Des poteaux sont fixés au plancher et maintiennent le toit de feuilles.

 

 

 

7 km de câble pour découvrir la canopée

La sève circulant dans l'aubier (partie périphérique de l'arbre), il est important de ne pas couper sa circulation, ce qui aurait pour conséquence de provoquer la mort de l'arbre. Aussi, il est nécessaire d'utiliser des cales pour amarrer les câbles autour du tronc. Elles peuvent ainsi suivre la pousse de l'arbre, être desserrées ou déplacées.

Toutes ces infrastructures sont visitées quotidiennement par les guides. Tous les trois mois, c'est un contrôle complet de chaque structure. Si besoin, les pièces sont changées. La partie la plus délicate dans ce type d'environnement, c'est d'anticiper la pousse et la chute des branches sur le réseau de câble. Il y a donc un travail important de surveillance et de maintenance qui peut consister à faire tomber de manière préventive les arbres morts avant la prochaine tempête. La connaissance et le regard affûté des guides sont primordiaux. Histoires et légendes d'un arbre qui tombe sur une maison sont présentent dans toutes les familles des peuples de la forêt...

 

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La formule innovante, maisons arboricoles, tyroliennes et guides locaux, spécifique aux problématiques de ce territoire, ouvre de nouvelles perspectives quant aux modalités de gestion environnementale et à la prise en compte des populations locales. Dans les années à venir, le projet devrait pouvoir s'étendre à de nouvelles zones du Parc en passant de 6 à 12 maisons arboricoles :

« L'enjeu avenir n'est pas de développer les capacités d'accueil mais de mutualiser ces routes canopéènnes pour avoir plus de points d'entrée dans le Parc et plus de zones touchées, pour concerner de nouveaux villages et leurs habitants ».

Cette année, la réserve naturelle de Bokéo est devenue Parc national, au delà d'un soutien plus fort du gouvernement laotien, c'est également une marque de reconnaissance importante pour cette nouvelle forme de gestion environnementale.

 

Auteurs : Jérôme BOUQUEMONT et Amandine FANTONI
Association « Des vies et des idées... d'ailleurs »

Décembre 2008
www.eco-habitat-tour.org

 

 

Contacts et informations :

http://www.gibbonx.org

 

 

30 décembre 2008

Construction d'une maison de bambou

Reportage sur les rives de la Nam-Lik, à Ban Van Mone, au Laos.

 

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Photo n°1

 

Maisons, échafaudages, palissades, cases, pilotis, ponts de singe, cloisons, artisanats, bijoux, verre, pipe à eau, médecine, balle à jouer, baguettes et jusque dans l'assiette... dans toute l'Asie, le bambou est l'expression de la créativité et permet d'exprimer différemment les richesses de sa culture.

Dans les constructions contemporaines asiatiques, le bambou est concurrencé par des matériaux au rapport durabilité/prix intéressant (taules ondulées par exemple), de fait leur utilisation décroît. Cependant, on le retrouve toujours à la ville comme à la campagne intégré aux constructions, ne serait-ce qu'en décoration.

Au Laos, le bambou est toujours omniprésent comme matériau de construction. On le retrouve dans tous les villages et il n'est pas rare de voir des villages entièrement édifiés en bambou. Contrairement à leurs voisins, les Laos persistent à construire avec ce matériau. Est-ce là une simple cause économique ou un profond ancrage culturel ?

Un Lao, habitant à proximité du village de Ban Van Mone raconte que traditionnellement en l'absence d'écriture, on apprenait à tisser le tissu comme à tresser le bambou, en chanson. Le rythme permettait, en l'absence de chiffres et de calculs, de reproduire les motifs et les techniques....

 

Éléments d'architecture traditionnelle en bambou

La première étape avant de construire une maison en bambou consiste à repérer des bambous âgés de 2 à 3 ans. Leur coupe aura lieu, à la nouvelle lune, lorsque la sève est au plus bas. Les Laos distinguent différentes sortes de bambou et les nomment en fonction de leurs usages et de leur localisation.

Traditionnellement, le bambou est traité avant d'être utilisé comme un matériau de construction. Ce traitement consiste à l'immerger totalement dans l'eau pendant une longue durée. Ainsi, il pourra mieux résister aux attaques des insectes. Le temps d'immersion nécessaire varie selon l'espèce (de 2 à 6 semaines minimum)... et le temps disponible avant la construction!  Les avantages de cette technique sont indéniables d'un point de vue économique et écologique. Toutefois, ce long procédé reste difficile à mettre en oeuvre selon si le lieu est à proximité d'un point d'eau suffisamment large. Heureusement, le Laos est un véritable château d'eau. Il est donc courant de recourir à cette technique. En outre, les bambous transitent souvent par la rivière pour arriver à destination.

 

Le travail du bambou

Une simple machette semble suffire au Laos pour travailler le bambou. Sa structure naturelle lui permet d'être sectionnée en morceaux cloisonnés, débitée dans sa longueur pour en faire des planches, ou encore finement effilée pour utiliser sa fibre. Le plus commun des travaux consiste à passer d'une structure originellement circulaire à des éléments plats. Pour cela, le morceau de bambou est fendu de multiples fois aux extrémités. Il est ensuite tapé à différents endroits pour le fendre dans sa longueur. Le morceau de bambou se fend mais reste en un seul morceau grâce à ses entre-noeuds. Ouvert de bas en haut, le bambou est ensuite aplati par pliage forcé dans le sens contraire à la longueur. Les entre-noeuds de la face intérieure sont enfin rabotés pour aplanir au maximum ce morceau de bambou aplati.

 

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Photo n°2

 

La structure d'une maison

La maison traditionnelle Lao, de forme rectangulaire, est dressée sur pilotis pour se protéger des inondations et de l'intrusion des animaux tels que les rats et les serpents. Ces maisons bien ventilées, sont particulièrement adaptées au climat tropical.

 

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Photo n°3          Photo n°4                                         Photo n°5

Toute la structure de la maison, du sol au toit, peut être édifiée en bambou (photo n°4). Cependant on trouve de plus en plus de structure en bois (photo n°5). Les pilliers sont enfoncés dans le sol. Ils soutiennent généralement quatre poutres, qui soutiennent elles même des bambous d'un diamètre de 5cm environ (photo n°4 et n°5) qui forment un quadrillage. Ce dernier supporte un plancher généralement constitué de larges bambous applatis d'une largeur de 30 à 50cm et d'une longueur équivalente à celle de la pièce (photo n°2).

 

Murs et cloisons

 

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DSC_0359.JPGPhoto n°6                                Photo n°7

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Photo n°8                         Photo n°9

 

Les murs et les cloisons sont constitués de demi-bambous aplatis, aux entre-noeuds et rabotés (photo n°6). Ces grandes lamelles sont tressées (photo n°7) en grande natte puis séchées au soleil pendant plusieurs jours. Une fois séchée, la natte est solidement resserrée en tapant chaque croisement du haut vers le bas. Ainsi, la structure est solidifiée et il devient impossible de voir à travers (photo n°8). Les extrémités sont fixés par un pliage qui revient dans le tressage, puis noués avec de la fibre de bambou.

Deux nattes constituent le mur d'une maison permettant ainsi une meilleure isolation thermique (photo n°9).

 

La couverture

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Photo n°10                                 Photo n°11

 

Selon le type de feuilles utilisé (rotin, palme, canne à sucre, etc.) le pliage est différent. Généralement, les feuilles les plus fines sont pliées autour d'une lamelle de bambou puis nouées avec du fil (photo n°11). Les feuilles de palme plus larges, sont pliées et coincées entre 3 lamelles de bambou (photo n°10).

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Photo n°12                        Photo n°13                        Photo n°14

 

Cet assemblage est ensuite disposé sur le toit comme de larges tuiles de 1,50m sur 60cm environ (photo n°13). Lorsqu'elles sont fixées, elles se recouvrent sur les 2/3 de leur longueur (photo n°12 et n°14). La pente doit alors être suffisante pour éviter les infiltrations d'eau.

 

Les tuiles de bambou

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Photo n°15                     Photo n°16                         Photo n°17    

 

Souvent constituée d'un assemblage de feuilles, une couverture peut également être faite en tuiles de bambou (photo n°15). Découpé en morceau de longueur équivalente, l'entre-noeuds du haut n'est pas raboté. Cette accroche permettra de poser facilement la tuile sur la panne (photo n°16). De la fibre de bambou enroulée permet de maintenir fermement la tuile (photo n°16). Les pannes et les tuiles sont disposées de façon à se recouvrir sur les 2/3 de leur longueur également.

Cette technique permet également de stocker et de transporter facilement les tuiles (photo n°17).

Il existe également des toitures qui rappellent étrangement les tôles ondulées. Les bambous sont simplement fendus en deux dans leur longueur avant d'être disposé sur le toit (photo n°18 et n°19)

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Photo n°18 (vue du dessus et vue de biais)

 

Il est difficile de donner une durée de vie à une maison en bambou. De la même façon qu'une maison en bois, sa durabilité dépendra du traitement appliqué et de son entretien. D'après les habitants de Ban Van Mone, une maison en bambou peut durer 10 ans sans entretien et au moins le double si la structure est vernie et traitée ! Il est certain que les questions de confort et de durabilité diffèrent selon la culture, le mode de vie et les attentes de chacun... Se sentir bien chez soi n'est-ce pas l'essentiel ?

 

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Le bambou

 

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Une fibre extraordinaire

Les bambous sont des plantes monotylédones appartenant à la famille des poaceae. Pas exactement un arbre, pas non plus une graminée... mais une graminée ligneuse. La tige principale est un chaume, ou canne lignifié, creux et cloisonné avec des noeuds. Le bois des chaumes, riche en silice, est très dur et très résistant. La croissance peut être très rapide (jusqu'à un mètre par jour).

On en compte environ 80 genres et plus de 1200 espèces. Qu'ils soient épais, fins, colorés, rayés, brillants, durs, légers, etc., on leur trouve toujours une utilité.

D'un point de vue environnemental, le bambou constitue une plante intéressante puisqu'il peut fixer une quantité importante de CO2. Sa culture ne nécessite pas ou peu d'engrais. Il limite l'érosion des sols grâce à un système racinaire très dense. Mais, voilà... le bambou est aussi répertorié comme une plante invasive et peut porter préjudice à l'écosystème local.

Il est possible de retrouver le bambou un peu partout et sous plusieurs formes : plante ornementale, pâte à papier, textile, meubles, éléments de construction, etc.

 

Dans la construction

Son faible poids et sa relative élasticité en font un excellent matériau de construction. Il est d'ailleurs de plus en plus reconnu pour ses qualités anti-sismiques. Ses performances à volume égal lui permettent de concurrencer le bois. Certain parle même « d'acier vert ». Différentes entreprises cherchent à développer ses utilisations et à faire homologuer leurs produits. En effet, pour le meilleur et pour le pire, le bambou est un matériau difficilement standardisable. Tous les bambous se ressemblent, mais il n'y en a pas deux identiques. C'est pourquoi, son développement est son utilisation en tant que matériau de construction reste hautement dépendant des savoir-faire disponibles localement.

A cela, une entreprise française (Bambou Habitat) tente toutefois de répondre, en développant des structures préfabriquées répondant aux normes européennes. Des architectes renommés, tels que Simon Vélez en Colombie, contribuent également au développement et à la reconnaissance de cette fibre.

 

Auteurs : Jérôme BOUQUEMONT et Amandine FANTONI - Décembre 2008
Association « Des vies et des idées... d'ailleurs »
www.eco-habitat-tour.org

 

 

21 décembre 2008

LAOS... sur le Mékong et dans les arbres.

Un projet exemplaire.
Carnet de route des 10 premiers jours de décembre.


Ça y est, nous sommes à bord du bateau, qui, durant deux jours, sur le Mékong, va nous mener jusqu'à Houay Xay. Nous sommes tout excités de naviguer sur ce fleuve mythique où, paraît-il, on trouve des paillettes d'or. Nous croiserons d'ailleurs des orpailleurs, accroupis dans le sable avec leur tamis, mais aussi des agriculteurs cultivant le riche limon des berges du fleuve, de nombreux villages faits de bois et de bambou, des pêcheurs, des transporteurs de “tout”.

 

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Parfois, nous apercevons quelques plantations de teck, ce bois imputrescible si convoité. Plus nous remontons vers le nord, plus la forêt est exploitée, brûlée, coupée. La coupe du bois est encore difficilement régulée au Laos. La demande est forte et les lobbying des pays voisins puissants. C'est tout un patrimoine forestier qui part à l'export et une biodiversité qui disparaît...

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Après deux jours, nous accostons à Ban Houay Xay. De l'autre coté du Mékong, c'est la Thaïlande. Nous sommes ici pour rencontrer Jean-françois REUMAUX qui depuis plusieurs années s'investit aux cotés des paysans et du gouvernement Lao pour protéger la forêt primaire. Attention projet exemplaire ! Lorsqu'il propose la création de la réserve de Bokeo (aujourd'hui devenu parc national), c'est afin de prouver que la protection de l'environnement pouvait être une activité rentable pour la collectivité. Face à la complexité des questions de gestion environnementale au Laos, place à la créativité explique t-il.

C'est ainsi qu'un projet atypique créé de toute pièce voit le jour : The gibbon experience. Le principe : visiter et habiter la canopée de la forêt primaire en se déplaçant sur des tyroliennes et en séjournant dans des maisons perchées à plus de 40 mètres du sol. Les objectifs sont multiples : transformer l'économie locale, protéger les ressources, lutter contre le braconnage et améliorer le niveau de vie des populations locales. Les visiteurs sont guidés et nourris par des Lao qui connaissent comme leur poche cette forêt - ils y sont nés et y chassaient avant la création de la réserve.

 

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Chaque maison est isolée à plus de trente minutes de marche et les déplacements se font par les airs, sur des tyroliennes. L'impact est faible sur l'environnement et fort amusant pour les clients. Changement de point de vue, perte des repères et rêves d'enfants...

 

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Quant aux maisons, elles sont magnifiques. A plus de 40 mètres du sol, faites de bois et de feuilles, aux formes arrondies et offrant une vue splendide. Pour nous, ce fût l'occasion d'expérimenter nos talents de reporters ; pas toujours facile de tenir la caméra quand on est à plus de 100 mètres du sol (voir prochain article).

 


 

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Fatigués de cette perte d'équilibre, nous prenons notre temps avant de traverser le Mékong pour rejoindre la Thaïlande.

 

 

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Il est 9h15 quand nous passons à l'immigration, quinze minutes trop tard... ! Depuis 9 heures ce matin, les visas Thai sont délivrés pour une durée de seulement quinze jours au lieu de trente normalement. Il va falloir trouver une solution, si nous voulons comme prévu passer Noël avec Clément DOYER, un éco-constructeur, qui vit dans les montagnes de Chiang Dao.

 

14 décembre 2008

LAOS... sur la Nam Lik


Carnet de route des 10 derniers jours de novembre



C'est à bord d'une veille jonque sur le Mékong, magique fleuve rouge, que nous écrivons ce carnet de route.

Il y a 10 jours, nous étions à Nam Lik Eco village, pour aider à la construction de maisons flottantes en bambou.

 

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Au Laos, la vie suit son court tranquillement, et les projets sont parfois remis au lendemain. Finalement, nous avons participé à la construction de maisons traditionnelles en bambou dans le village voisin. Les villageois ont été ravi durant ces quelques jours, de nous faire découvrir un peu de leur quotidien (coco et pamplemousses frais, chasse aux serpents...), de leur culture du bambou (confection de baguettes, de verres...) et de leur grand savoir faire “machette à la main”.

Après un superbe accueil à l'éco-village, par David, Richard, Tutu et toute l'équipe, nous continuons vers Vang-vieng, où nous retrouvons nos amis de parcours, Camille et Pierre. On visite les alentours à vélo, qui cachent de nombreux trésors, grottes, lagons, petits villages de tisserandes, montagnes karstiques...

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En route vers Casi, nous prenons les vélos sur une route poussiéreuse. On s'arrête dans chaque village pour se ressourcer de fruits frais et juteux. On nous offre des mandarines pour nous donner du courage et les enfants nous suivent, le temps d'une course, le temps d'apprécier ces moments simples qui font tout l'attrait du voyage.

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Fatigués, nous optons pour la facilité quand arrivent les montagnes. Rien de plus simple ici, que d'arrêter un bus local, qui prend passagers et vélos sans rechigner, du moment qu'on paye... ”everything is possible”.
Au soir, nous voici à Luang Prabang, la ville colorée des moines et de l'histoire.

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Nous sommes au bord du Mékong, fleuve rouge qui rythme la vie de plusieurs pays, agriculture, déplacements, tout ce passe autour de lui.

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Une vidéo pour conclure :

09 décembre 2008

De Hanoï à Vientiane au Laos…

... ou l'évolution de l’habitat.

Carnet de route de la mi-novembre sur le thème de l'habitat et du développement

 

Vietnam

Bon, ce n’est pas tout, mais pour nous il est temps de reprendre le travail : carnet de bord, reportages, boîtes à outils, interviews, etc.

Amandine rencontre M. Luu Anh Hung, Directeur du musée ethnographique de Hanoï. Grâce à une traductrice émérite, Mme Vo Thi Thuong, nous apprenons beaucoup sur l’habitat traditionnel vietnamien.

 

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Ce musée est très varié, du fait de la présence de nombreuses ethnies, aux modes de vie et aux organisations sociales différents (sédentaire ou nomade, patriarcat ou matriarcat, climat...). Souvent en bois (bois de Tho, bambou, bois précieux....) mais aussi de brique (comme les temples Cham), l’habitat est sur un étage, sur pilotis dans les montagnes et de terre plein en plaine. La diversité des toits (bambous, herbe à paillote, paille de riz, bardeau...) et les murs (vannerie de bambou, bambou écrasés, ois...) montre la grande capacité d’adaptation à l’environnement proche des populations vietnamiennes.

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La maison commune provient des haut plateaux au sud du pays. C’est le lieu des décisions politiques, des rassemblements.... Les explications concernant la forme du toit son plutôt symbolique : rejoindre les rêves et le ciel dans les décisions de village, ou en hommage aux bateaux,un moyen de déplacement important au Vietnam...

 

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Maison allongée matriarcale

 

Encore aujourd’hui, on retrouve dans chaque maison un autel dédié au culte des ancêtres. On y brûle de l’encens au moins deux fois par mois, au quinzième jour du mois lunaire par exemple.

 

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L’habitat vietnamien actuel est fortement influencé par l’habitat occidental. Des mesures restrictives concernant l’exploitation de la forêt, la culture sur brûlis et la sédentarisation des populations, ont eu de fort impacts sur les modes de vie, l’habitat et l’utilisation des matériaux dans la construction. On voit se développer, en ville principalement, un habitat fait de béton et de brique, qui reste toutefois adapté aux modes de vie local. Le prix du terrain étant cher, la façade est très étroite, sur 2 à 5 étages, souvent au toit plat. Le rez-de-chaussée est souvent réservé aux activités commerciales.

 

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Les visas expirent bientôt, il est temps de prendre un bus pour rejoindre le Laos. Nous sortons d'Hanoï, pour prendre une route bordée de panneaux publicitaire d'environ 10 mètres sur 4.

Le trajet qui nous mène vers le Laos est une vrai petite aventure, à chaque arrêt, nous retrouvons des cartons à nos places, et il faut jouer des coudes pour se faire une place. Après 24 heures de chaleur, de cahotements au travers les montagnes et la jungle, nous sommes tous heureux d’arrivés a bon port le lendemain. Nous continuons notre chemin en compagnie de Pierre et Camille, deux jeunes voyageurs français bien sympathique.

 

Le Laos

 

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Aprés quelques jours a Vientiane, nous ferons route, tous les quatre, vers Nam Lik Eco-village. La terre est rouge, les maisons sur pilotis, et les cultures sur brûlis encore au goût du jour... Tout reste encore à découvrir.

 

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