09 décembre 2008
De Hanoï à Vientiane au Laos…
... ou l'évolution de l’habitat.
Carnet de route de la mi-novembre sur le thème de l'habitat et du développement
Vietnam
Bon, ce n’est pas tout, mais pour nous il est temps de reprendre le travail : carnet de bord, reportages, boîtes à outils, interviews, etc.
Amandine rencontre M. Luu Anh Hung, Directeur du musée ethnographique de Hanoï. Grâce à une traductrice émérite, Mme Vo Thi Thuong, nous apprenons beaucoup sur l’habitat traditionnel vietnamien.
Ce musée est très varié, du fait de la présence de nombreuses ethnies, aux modes de vie et aux organisations sociales différents (sédentaire ou nomade, patriarcat ou matriarcat, climat...). Souvent en bois (bois de Tho, bambou, bois précieux....) mais aussi de brique (comme les temples Cham), l’habitat est sur un étage, sur pilotis dans les montagnes et de terre plein en plaine. La diversité des toits (bambous, herbe à paillote, paille de riz, bardeau...) et les murs (vannerie de bambou, bambou écrasés, ois...) montre la grande capacité d’adaptation à l’environnement proche des populations vietnamiennes.
La maison commune provient des haut plateaux au sud du pays. C’est le lieu des décisions politiques, des rassemblements.... Les explications concernant la forme du toit son plutôt symbolique : rejoindre les rêves et le ciel dans les décisions de village, ou en hommage aux bateaux,un moyen de déplacement important au Vietnam...
Maison allongée matriarcale
Encore aujourd’hui, on retrouve dans chaque maison un autel dédié au culte des ancêtres. On y brûle de l’encens au moins deux fois par mois, au quinzième jour du mois lunaire par exemple.
L’habitat vietnamien actuel est fortement influencé par l’habitat occidental. Des mesures restrictives concernant l’exploitation de la forêt, la culture sur brûlis et la sédentarisation des populations, ont eu de fort impacts sur les modes de vie, l’habitat et l’utilisation des matériaux dans la construction. On voit se développer, en ville principalement, un habitat fait de béton et de brique, qui reste toutefois adapté aux modes de vie local. Le prix du terrain étant cher, la façade est très étroite, sur 2 à 5 étages, souvent au toit plat. Le rez-de-chaussée est souvent réservé aux activités commerciales.
Les visas expirent bientôt, il est temps de prendre un bus pour rejoindre le Laos. Nous sortons d'Hanoï, pour prendre une route bordée de panneaux publicitaire d'environ 10 mètres sur 4.
Le trajet qui nous mène vers le Laos est une vrai petite aventure, à chaque arrêt, nous retrouvons des cartons à nos places, et il faut jouer des coudes pour se faire une place. Après 24 heures de chaleur, de cahotements au travers les montagnes et la jungle, nous sommes tous heureux d’arrivés a bon port le lendemain. Nous continuons notre chemin en compagnie de Pierre et Camille, deux jeunes voyageurs français bien sympathique.
Le Laos
Aprés quelques jours a Vientiane, nous ferons route, tous les quatre, vers Nam Lik Eco-village. La terre est rouge, les maisons sur pilotis, et les cultures sur brûlis encore au goût du jour... Tout reste encore à découvrir.
21:34 Publié dans Carnets de route | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : habitat et développement, hanoi, vientiane, laos
21 novembre 2008
De Hanoï à Hoi An...
... suite des découvertes vietnamiennes.
Carnet de route de la première quinzaine de novembre.
De retour à Hanoï, direction l'hôpital... Ouf, ce n'est qu'une petite entorse, Dominique, courageuse et optimiste aventurière pourra donc nous suivre par monts et par vaux. Après un petit dej' de fruits frais (ananas, bananes, mangues...), nous partons vers Sapa, dans les montagnes du nord, à la rencontre des minorités ethniques : Les Monghs noirs et fleuris, les Dao rouges....
La question des minorités
Sur la route qui monte en serpentant dans les montagnes, nous croisons de nombreux enfants, sous la pluie. Dong nous explique que, certains en costume se rendent à l'école, d'autres torses-nus n’iront pas. Le taux de scolarisation est faible dans ces régions difficiles. L'arrivée de nombreux touristes à Sapa, amène adultes et enfants des ethnies minoritaires à vendre ou à mendier.
Après un tour sur le marché, nous partons avec Dong pour visiter le village « culturel » des Monghs noirs. Ici l'entrée est payante. L'argent va exclusivement au gouvernement, qui aménage quelques routes qui profitent certes à la population mais qui sont surtout destinée aux touristes.
Dans les jours qui suivront, nous visiterons sous la pluie, deux autres villages. En s'informant par la suite que nous aurons un début d'explication concernant la plus grande pauvreté des Monghs par rapport aux Zai ou Daos rouges. Il semble que les Monghs aient été financés par les États-Unis pendant la dernière guerre pour mener des guérillas et déstabiliser les Vietnamiens. De cette question notre guide ne nous aura soufflé mot. Nous sommes dans un pays où la liberté d'expression est encore loin d'être acquise.
Après deux journées, émouvantes et difficiles (quels comportements adopter face aux minorités ethniques et à leur pauvreté ? Qu’est-ce que les touristes, ethno-touristes, nous, venons chercher ici ?), nous redescendons pour prendre le train de Lao Cai à la frontière chinoise.
Inondation à Hanoï, on passe entre les gouttes.
On apprend qu'Hanoï est sous les eaux, touchée par des inondations impressionnantes, la saison des pluies est pourtant terminée. L'habitat et la bétonisation à outrance, sans organisation n'y sont sûrement pas étrangers.
Nous ne verrons rien de ces grandes eaux, arrivées au petit matin dans la capitale. Leur niveau est redevenu presque normal.
Direction maintenant vers le sud. Hue l'ancienne capitale impériale, recèle des trésors d'architecture en couleurs.
Plus au sud, nous découvrirons l'ancienne culture Chams, entre Boudhisme et Hindouisme.
Sur la route qui nous mène a Hoi An, nous longeons la plage des cigognes, ou plutôt ce qu’il en reste. Buldozers et camions sont au travail. La dune est en train d'être littéralement détruite pour construire des hôtels 5 étoiles.
Nous passons ensuite quelques jours à Hoi An, ancienne ville coloniale aujourd'hui capitale de la soie. L'artisanat au Vietnam est une des principales activités après l'agriculture et la pêche. Ici plus qu'ailleurs on travaille la soie pour réaliser tissus, broderies et lampions. Le centre ville piéton est un vrai bonheur. L'harmonie du bâti aux teintes jaunes est sous trois influences architecturales : Chinoise, Japonaise et coloniale.
On a pas vu le temps filer, déjà trois semaines que nous sommes ensemble. Le jour du départ approche pour Domi et Jean-Pierre. On aura bien rigolé tous ensemble, on aura ouvert grand les yeux et appris beaucoup sur ce pays. Pas facile de se quitter... On leur envoie plein de tendresse, merci de nous avoir fait partager votre rêve.
19:21 Publié dans Carnets de route | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vietnam, hanoi, hoi an, sapa, monghs, dao
19 novembre 2008
De Séoul à Hanoï, retrouvailles en famille
Carnet de route de la deuxième quinzaine d'octobre
Nous accostons à Pusan toujours chargés de nos vélos. Ça se bouscule dur-dur au passage à l'immigration... Et oui nous sommes maintenant en Corée du Sud. L'ambiance change drôlement du Japon... On se rendra vite compte qu'il persiste certaines rancunes entre l'un et l'autre pays.
Tout petit pays, la Corée est aujourd'hui une puissance économique mondiale ; on aura le choix pour rejoindre Séoul entre un train à grande vitesse et un train local. On prend le train local histoire d'apprécier un peu plus les paysages et on arrive à Séoul dans la soirée. Remontage des vélos et nous voici en pleine capitale. Les 4 voies et la circulation du centre sont inimaginables, on se retrouve au milieu des motos et voitures, du mauvais côté (et oui, on avait pris l'habitude de rouler à gauche)....
Nous ne passons que 5 jours à Séoul, le temps de visiter quelques temples, aux couleurs vert et orange et d'avancer sur nos reportages.
Nous goûtons aussi de nombreux plats, épicés à souhait. Jérôme pleure de joie à chaque dîner en tête à tête... Ou serait-ce trop pimenté ?
Hanoï...
Dès qu'on ouvre la porte, à la première respiration, la chaleur et l'humidité vous prennent...
Nous voici sous les tropiques, au Vietnam, avec ses pluies et ses inondations, ses rizières, son histoire, sa vie trépidante et ses couleurs, ses fruits exotiques et ses odeurs.
Nous retrouvons, trop contents, les parents de Jérôme, Jean-Pierre et Dominique, pour trois semaines de vacances en famille et tellement de choses à se raconter. Nous faisons la connaissance de Dong, guide national, qui adore raconter de belles histoires et de bonnes blagues sur son pays. C'est avec lui que nous comprenons mieux l'histoire du Vietnam, pays de guerres et de volonté d'indépendance. Les nombreuses mines encore présentes aujourd'hui, notamment près du 17ème parallèle (ancienne limite nord-sud) sont une des manifestations de ce triste héritage.
Le Vietnam et ses habitants au caractère fort, se lancent aujourd'hui dans une nouvelle politique économique qui change à une vitesse folle les paysages, l'identité et les modes de vies de tout le pays.
Nous apprenons aussi à mieux comprendre les coutumes locales, le culte des anciens très fort encore aujourd'hui, hérité du Confucianisme. Même le communisme actuel n'a pas autant d'adeptes. La place de la femme dans ce contexte, n'est pas facile ; il n'est d'ailleurs pas rare de croiser des hommes en train de jouer aux cartes ou de faire la sieste sur leur motos – par un jeu d'équilibre assez fou – pendant que les femmes sont au travail (aux champs ou en boutique). Le riz, cultivé dans tous le pays, ainsi que les buffles, les canards, les cochons font partie de la vie de tous les jours et des paysages.
Premiers pas ensemble dans Hanoï la vivante. Ça klaxonne dans tous les sens, tellement de motos, beaucoup de vélos et de piétons et quelques voitures. Il y a très peu de feux rouges, et curieusement ça ne bouchonne presque pas... C'est impressionnant. De la vie partout, presque trop ; pour nous qui n'avons pas encore l'habitude, c'est épuisant. Notre passage est inlassablement suivi d'un : « 'Madame, you buy to me' » un peu partout... Et oui, on est des étrangers, et on veut nous vendre : briquet, porte monnaie, flûte, vêtements, baume du tigre... Un peu de tout... Le coût de la vie est dérisoire, comme le niveau des salaires. Ici, pas encore de sécurité sociale, de retraite, de congés payés ou de jours de congés, on travaille 7 jours sur 7 et parfois 24 heures sur 24. Seuls les employés de l'Etat ont plus d'avantages.
Après quelques jours à Hanoï, nous faisons cap vers la Baie d'Halong terrestre (Nim binh) et maritime. L'occasion de découvrir la campagne, le séchage du riz, des paysages karstiques magnifiques, de s'adonner au tandem et au plaisir du bateau au coeur de ces labyrinthes naturels. Tout le monde est ravi.
Et c'est en contemplant les majestueux papillons tropicaux que Domi, tombe... non pas en amour... mais sur le sol et se foule la cheville... On repart à Hanoï, va-t-on pouvoir continuer tous ensemble ? La suite au prochain carnet de route.
12:59 Publié dans Carnets de route | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : séoul, hanoi, vietnam, corée, famille, pusan



