03.08.2008
ZMAG...
... une ONG, un écovillage et des outils pour une révolution verte et durable.
Une éolienne sur le toit d'une école près de Zagreb, des composteurs dans un jardin collectif urbain en Bosnie-Herzégovine, des ateliers pour apprendre à construire des collecteurs solaires, des conférences pour sensibiliser un large public... L'éventail des domaines d'intervention de ZMAG, une ONG croate basée dans un écovillage près de Zagreb est impressionnant. Cette organisation qui rayonne dans tout l'ouest des Balkans a été félicitée par l'UNDP (United Nations Development Programme) pour l'exemplarité de ses actions en faveur d'un développement durable (réinsertion, éco-construction, énergie renouvelable, etc.) et pour la mise en oeuvre de solutions pratiques sur son projet de « Ferme recyclée » (production de bio-carburant, recyclage de l'eau, permaculture, cuiseur solaire, capteur solaire, micro éolienne, etc.).
Drazen SIMLEZA, un des membres fondateurs de ZMAG et maître de conférences en « Développement durable » à l'université de Zagreb explique comment de jeunes activistes plus connus sous le nom de « Vukomerik Group » ont réussi à recentrer leur travail autour d'un lieu ouvert aux porteurs de projet désireux d'expérimenter et de mettre en pratique le développement durable.
Une ONG, un ecovillage, un groupe de passionné... l'éventail de vos domaines d'intervention et de compétence est très vaste... Qui êtes-vous ?
ZMAG signifie « Zelena Mreża Aktivistiċkih Grupa – Groupe alternatif pour des actions vertes ». Nous sommes organisés en ONG et nous avons pour objectif principal de promouvoir et de mettre en oeuvre le développement durable au quotidien, de développer des actions de coopération et de transmettre nos techniques et nos savoir-faire a un large public. Nous privilégions principalement des alternatives peu coûteuses financièrement.
Notre projet le plus important consiste à bâtir un lieu d'expérimentation, de sensibilisation et d'accueil du public : « la ferme recyclée ». Environ une trentaine de personnes sont impliquées autour de ce vaste projet et dix personnes s'occupent du fonctionnement de l'ONG.
Toiture végétalisée et micro-éolienne à la «ferme recyclée»
Vous êtes jeunes et d'horizons différents... Comment en êtes vous arrivés là ?
Il y a une dizaine d'années, nous étions tous impliqués dans des actions de dénonciation et de protestation ainsi que dans différents mouvements alternatifs. On avait cependant le sentiment de passer à coté de quelque chose. On voulait offrir des alternatives pour appuyer nos revendications. C'est pourquoi, il y a 6 ans, on a investi le peu d'argent qu'on avait pour acquérir une parcelle de terre et un bâtiment délabré. Nos débuts ont été durs, on n'avait pas d'argent, peu de connaissances appliquées et pas de notions en matière d'organisation sociale... Notre amitié et notre énergie n'ont pas été suffisantes pour surmonter tout ce qui nous attendait. Une majorité de personnes sont parties. Ces années d'apprentissage ont cependant été nécessaires. Depuis deux ans, nos actions sont sans commune mesure avec le passé.
Vous semblez proposer des solutions concrètes. Comment avez-vous appris à les mettre en oeuvre ?
Peut-être de la manière la plus dure... Par nous même ! D'une certaine façon nos erreurs deviennent autant de bons conseils pour transférer des techniques, ça nous permet d'avancer. Le mauvais coté de ces apprentissages, c'est l'énergie, le temps et parfois l'argent que ça nous coûte. Sans la motivation et le soutien de tous, ce serait beaucoup plus difficile.
Il nous arrive de faire appel à un professionnel lorsque ça peut-être dangereux, que ça pourrait nous coûter beaucoup d'argent ou que nous n'avons pas suffisamment de connaissances dans le domaine. Lorsqu'une personne vient de l'extérieur pour enseigner, on essaye dans la mesure du possible d'organiser un atelier pour que plusieurs personnes puissent participer. De notre coté cela suppose une organisation particulièrement efficace.
Nous travaillons en partenariat avec le Global Ecovillage Network (GEN) et le Balkan Ecovillage Network (BEN), ces réseaux nous permettent d'échanger des connaissances de façon informelle. Par exemple, pour construire notre système de chauffage bois, nous avons fait appel à un spécialiste slovaque, en échange, un des nôtres est parti là-bas pour leur expliquer comment mettre en oeuvre une micro station de recyclage de l'huile de friture pour produire du bio-carburant.
Nous devons régulièrement faire appel à des spécialistes étrangers. Les connaissances pratiques en matière de développement durable ne sont pas facile trouver en Croatie.
Vous avez construit une des premières maisons en paille de Croatie... Quelle est la situation de la construction écologique dans ce pays ?
Pas très bonne et cela pour plusieurs raisons. Nous avons peu d'experts et peu de produits écologiques standardisés. D'autre part, je n'ai pas l'impression que le gouvernement soutienne ce genre d'initiative. Les méthodes de constructions alternatives type « botte de paille » ne sont toujours pas autorisées. Il faut faire avancer les lois. A l'avenir, intervenir à ce niveau va certainement constituer une part importante de notre travail.
On note quelques changements ces dernières années, ils sont cependant trop localisés et trop lents selon moi. Au vue de l'urgence de la situation, il faudrait beaucoup plus de programmes et de projets appliqués.
Maison en paille et toiture végétalisée
Quelles relations avez-vous avec les autorités locales ?
Nous avons la chance d'avoir localement des personnes sensibles à ces questions de développement durable. Nous développons des projets conjointement pour le développement de notre site mais également à destination des autres citoyens. Notre dernier projet consistait par exemple, à fabriquer des panneaux solaires avec des étudiants sous forme d'ateliers. Puis accompagné d'un professionnel nous avons placés ces panneaux sur le toit d'une école.
Comment êtes-vous financés ?
On monte des projets et on investit également notre propre argent. S'il est possible de trouver des fonds pour financer nos programmes d'action, nous n'avons pas de soutien financier pour notre fonctionnement. Pour notre écovillage, nous arrivons toutefois a obtenir d'importants soutiens matériels (panneaux solaires, batteries, micro-éolienne, etc.).
Comment faites-vous pour mobiliser vos partenaires ?
Généralement, nous démarchons différentes organisations ou autorités locales avec un avant-projet. Nous leur proposons de devenir partenaire et faisons en sorte qu'ils prennent leur responsabilité au sein du projet. Il nous arrive maintenant d'être directement contactés pour mettre en place un projet.
Votre livre « Des outils verts pour une révolution durable » n'est édité qu'en Croate. Pourquoi ?
Parce que des outils similaires existent déjà en Anglais. Quand nous avons commencé, nous avons du partir à l'étranger pour nous former. Ce n'est pas forcément évident d'évoluer dans ce domaine en Croatie, c'est pourquoi, nous avons souhaité nous adresser aux Croates en priorité. Si quelqu'un veut se lancer dans une aventure similaire, nous sommes là !
Avez-vous des conseils à donner à tous ceux qui souhaiteraient suivre votre élan ?
L'essentiel de la réussite d'un projet comme le nôtre, n'est pas d'avoir un beau jardin ou une superbe maison, c'est la satisfaction de réussir ensemble. Les acteurs du projet et les relations sociales sont primordiales, le groupe est notre réservoir d'énergie et de motivation...
Mon seul conseil : ne jamais abandonner et rester créatif !
Nouvelle invention en bois cordé à venir...
Contact et informations : http://www.zmag.hr
Un reportage d'Amandine et Jérôme
bientôt disponible sur le site !
19:22 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zmag, zagreb, croatie, écovillages, gen, ben, éco-construction
23.07.2008
Le parc national des lacs de Plitvice
Diversifier les activités pour préserver le site.
1/ Les Parcs nationaux Croates et l'habitat
Les parcs nationaux de Croatie sont au nombre de huit et représentent aujourd'hui, une superficie équivalent à 7,5% du territoire Croate.
Concernant l'habitat, dans les parcs nationaux Croates, les permis de construire sont soumis à l'autorisation du ministère de la Culture. Les bâtiments doivent en général utiliser des matériaux de construction traditionnels et respecter l'aspect traditionnel du bâti. Le parc fait son possible pour accueillir les visiteurs dans des locaux traditionnels, mais il ne dispose pas actuellement d'une politique particulière concernant le bâti. Les constructions privées sont donc uniquement soumises aux décisions du ministère de la Culture.
Tous les parcs nationaux dans le monde sont animés du même esprit et investis de deux types de missions : protéger la nature et gérer la fréquentation du public. Pour le Parc de Plitvice, elles sont les mêmes.
2/ Le Parc de Plitvice
Situé au sein d'un plateau karstique, le parc national des lacs de Plitvice a été créeé en 1949 et ajouté à la liste du patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1979. Territoire remarquable, il fût l'un des principaux lieux de combats pendant les conflits de l'ex-Yougoslavie. Aujourd'hui, si la guerre est encore présente dans le paysage et les mémoires, les infrastructures touristiques ont été reconstruites à l'identique et accueillent de plus en plus de monde.
Le parc, comprend une forêt de type primitive où nait la rivière Korana et les lacs de Plitvice (en croate Plitvička jezera). Ces derniers se sont créés par un phénomène géologique particulier : les eaux, en traversant les roches dolomitiques, dissolvent le calcaire qui se redépose pour former des barrières de travertin qui séparent les lacs entre eux. Aujourd'hui, les lacs de Plitvice ressemblent à un véritable labyrinthe naturel fait de cavernes, de chutes d'eau et de lacs aux teintes changeantes.
S'il est possible d'effectuer le tour du parc avec un train panoramique et de traverser les plus grands des lacs en bateau, les sentiers en caillebotis sont les plus empruntés. Et pour cause : ces aménagements permettent de parcourir et de découvrir les lacs sous tous leurs aspects sans altérer la qualité de l'eau, des paysages et de la biodiversité.
Les lacs de Plitvice sont le point de concentration des visites. Pour Vlatka RUSIC, il semble clair que le visiteur subit un choc en visualisant les lacs de Plitvite : "La nature est vraiment magnifique à cet endroit. Les lacs ne sont jamais les mêmes, vous pouvez en faire le tour aujourd'hui et demain et vous trouverez toujours quelque chose de différent. Chaque lac a sa propre couleur qui varie en fonction du temps, de la saison...". Le phénomène géologique qui se poursuit encore aujourd'hui, modifie constamment l'aspect des lacs. Enfin, le climat continental permet d'avoir des saisons bien marquée. En hiver, les lacs sont recouverts de neige pendant plus de deux mois et on peut y pratiquer le ski aux alentours.
Aujourd'hui le Parc national de Plitvice reçoit de plus en plus de visiteurs, ainsi bien gérer la fréquentation touristique est une de leur priorité. "En 2007, nous avons accueilli environ 925.000 visiteurs, alors qu'en 2006 nous avions accueilli 887.000 visiteurs.
Je ne veux pas appeler ça un problème mais il est clair que nous recevons beaucoup de visiteurs. La plupart d'entre eux ne veulent voir que l'eau et les lacs. Or le site des lacs ne représente qu'une très petite partie du parc (1% du territoire). Pour répondre à l'enjeu de préservation de la biodiversité, qui est notre première mission, et continuer d'accueillir correctement le public grandissant, nous avons tout d'abord effectué une étude sur la capacité d'accueil du site. Le bureau d'étude chargé de cette étude, a évalué à 1,2 millions de personnes la capacité maximum d'accueil des lacs, la marge n'est pas bien grande. Aujourd'hui nous travaillons donc à disperser les visiteurs sur l'ensemble du Parc, notamment sur la forêt, mais aussi tout au long de l'année."
Seront ainsi bientôt ouverts :
- un sentier de découverte de 10 kms, au sud des lacs, qui permettra aux visiteurs d'accéder au parc à pied depuis les villages plus au sud ;
- un parcours à vélos, pour pouvoir découvrir la forêt et avoir des vues splendides sur les lacs ;
- des panneaux descriptifs pour que tous puissent comprendre le phénomène géologique particulier qui forme ces lacs ainsi que la biodiversité ;
- renforcer l'attractivité de certains sentiers peu empruntés.
Toutefois, le nombre de visiteurs impacte fortement le tissu socio-économique local, faisant de Plitvice le générateur économique de la région. Une forte partie de la population locale travaille au parc et loue des chambres chez l'habitant. Si la situation économique est relativement bonne ici, en témoigne le prix des maisons, on peut toutefois se questionner sur le devenir de l'agriculture et des autres secteurs d'activité dans cette zone, peut-être l'une des futures priorités du parc.

Qu'est ce qu'un Parc National ?
Un parc national est une portion de territoire qui est classée par décret, et à l'intérieur de laquelle la faune, la flore et le milieu naturel en général sont protégés de l'action de l'homme. Leur intérêt n'est donc pas touristique, il réside surtout dans la biodiversité et la protection de la nature.
Les parcs nationaux sont propriétés de l'Etat, ils sont donc en partie financés par ce dernier. Il arrive cependant que l'entrée de certains parcs soit payante ; c'est le cas de la plupart des parcs nationaux en Croatie. Certains sites sont tellement exceptionnels qu'ils sont classés par l'UNESCO, comme par exemple le Parc national des lacs de Plitvice
11:18 Publié dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : croatie, parc, plitvice, parc national
12.07.2008
Dernières rencontres croates avant la Hongrie !
Carnet de route de la deuxième quinzaine de juin.
De retour de Zagreb, nous passons une nouvelle semaine à la ferme de Zrno. De quoi nous reposer tant qu'on peut. Le voyage nous fatigue plus que prévu... Travailler dans les champs également. Heureusement, nous sommes en compagnie de Kreso avec qui nous partageons les tâches. Notre énergie sera toutefois amplifiée par le labyrinthe de l'énergie, emblème de la ferme que nous nettoierons pendant une journée.
Aux alentours de Zagreb, les maisons traditionnelles sont faites de bois (charpentes et murs), les soubassements de briques et les murs sont enduits de terre. Terre et bois sont des matériaux de construction privilégiés dans cette zone, contrairement à la côte Adriatique où la pierre domine.
Nous repartons avec Kreso le vendredi 19 juin, pour Zagreb, où nous attends Drazen, activiste au sein de ZMAG, une ONG basé dans un éco-village et qui tente de proposer des outils pour une révolution verte et durable (voir prochain article). Il nous invite pour le week-end à la « ferme recyclée ».
Nous y rencontrons une partie de l'équipe de ZMAG (Zelena Mreza Activistickih Groupa : « réseau vert d'activistes »). Nous passons la journée du samedi à nettoyer de la laine de mouton qui servira à isoler une de leur maisons. Ils nous expliquent qu'en Croatie, les matériaux écologiques sont rarement disponibles dans la grande distribution, peu développés et souvent très chers. C'est le coeur de leur action : expérimenter et prouver que ça marche !
Nous passerons de longs moments ensemble à découvrir cet éco-village qui expérimente dans tous les sens, heureux de se rencontrer et de se trouver des objectifs communs.
Fatigués de ces nombreuses rencontres et apprentissages, nous retournons à Zagreb pour passer une semaine plus tranquille et faire le point sur notre route à venir. Après mûres réflexions, nous décidons de partir pour Koprivnica, ville élue aux awards européens pour son investissement dans le bien-vivre et la mobilité douce. Ensuite nous rejoindrons Pecs en Hongrie avant de nous rendre dans la région des Maramures (nord de la Roumanie) où nous participerons à un colloque sur la protection de l'habitat traditionnel.
Nous prenons aussi le temps de rediger quelques articles notamment sur la politique de gestion du Parc national des lacs de Plitvice en Croatie (à voir prochainement sur le blog de l'association).
On repart à vélo, sur les petites routes, les bagages remplis de seitan (steak végétal à base de soja) et de cakes confectionnés par Zlata. Il fait chaud, très chaud et les Croates semblent plus accueillants (ou est-ce nous qui sommes plus ouverts à leur manière d'être ?) : c'est pratiquement à chaque village que l'on nous invite à boire un verre. Dur dur de rattaquer la montée après....
On arrive enfin à Koprivnica, heureux de prendre une des nombreuses pistes cyclables qui parcourent la ville. Au détour d'une rue sur une petite place, Amandine croise une belle blonde qui lui saute dessus. C'est Marlène, une amie dont nous avions perdu la trace depuis plus de 5 ans en Angleterre. La vie réserve parfois de belles surprises ! Elle et Angelo, son fils, nous invitent chez eux. On passera un dimanche en famille avec Mirjiana, Franjo et Sandra, autour d'un splendide repas dont seule Mirjiana a le secret. Puis nous irons nous relaxer l'après-midi au bord de la rivière Drava, frontière naturelle. Sur l'autre rive nous apercevons la Hongrie.
Avant de partir pour Pecs, où nous attendent Eva et Alan pour une cession wwoof*, Jérôme se rend à la mairie de Koprivnica pour mieux comprendre leurs projets et les interviewer. Puis nous repartons pour un nouveau pays, une nouvelle langue,...
A suivre !!!

* WWOOF = "World Wide Opportunities on Organic Farms", c'est-à-dire la mise en relation des personnes désireuses de découvrir et de participer au monde agricole biologique et écologique avec des fermiers et des professionnels de cet univers.
08:00 Publié dans Carnets de route | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : croatie, zagreb, zrno, zmag
09.07.2008
Quinze jours à travers la Croatie...
... durant la première moitié de juin,
par Amandine et Jérôme.
Un jour de pluie à Zagreb
Bon c'est décidé, on se prends une après midi pour écrire notre carnet de route et tout mettre sur internet. Parcourir ce pays prends du temps. Notre itinéraire croate est riche, semé d'imprévus, de rencontres, d'interviews, de grosses fatigues, de coups de gueule, de montées interminables, de paysages à couper le souffle, d'atmosphères particulières et d'enseignements.
Territoire et identité
Nous sommes arrivés en Croatie directement sur le littoral à Rijeka. Nous avons cherché un distributeur pour retirer des Kunas croates... Et oui ! La Croatie si proche de nous est bien dans l'Europe mais pas encore dans l'Union Européenne. Alors que le magnifique littoral croate séduit de nombreux étrangers (nous y compris !), et que cette destination devient de plus en plus convoitée pour les investisseurs étrangers, la Croatie reste un pays aux multiples visages, assez compliquée à présenter.
Longtemps divisée par la guerre de Yougoslavie, la Croatie, petit pays indépendant et multiethnique, s'affirme de plus en plus comme une nation. S'il suffisait de se replonger dans nos cours de géographie «entre territoire et identité» pour comprendre la situation et l'histoire de ces différentes nations des Balkans, de leurs différences culturelles et religieuses, de leurs frontières et de leurs politiques... S’il suffisait…
Difficile d'obtenir les points de vue des Croates sur certains sujets (en Anglais avec les plus jeunes et en Allemand avec les plus anciens). Comment décrire l'élan de ce petit pays, qui, pour la coupe de l'UEFA, s'arrête de tourner pour soutenir son équipe de foot préférée.
Entre mer et terre
Avide de découvrir ce pays et de recueillir de l'information sur l'habitat traditionnel et écologique, nous prendrons quelques jours de détente pour fêter les 28 années d'Amandine et découvrir l'île de Krk (prononcer Keurk) avant d'affronter la montagne et le mauvais temps.
Direction les paysages karstiques du Parc national des lacs de Plivitce pour se promener sur de magnifiques passerelles entre les lacs aux couleurs saisissantes et interviewer la manager du Parc.
Nous obtiendrons pas mal d'infos sur son fonctionnement et sur ses objectifs ; en revanche, nous n'obtiendrons pas plus d'information en ce qui concerne les différents bâtiments traditionnels et sur ces pratiques... Pas d'architecte disponible en ce moment. Ils nous renvoient à Rastoke, un site protégé sous tutelle du gouvernement. Nous passons la nuit dans unes des nombreuses pensions de famille de la région. Le lendemain nous sommes à Rastoke. On devrait retranscrire tout ça bientôt...
Sur la route
«Bon il est temps maintenant de rejoindre Bio-Zrno, pour une nouvelle session de volontariat». Nous longeons la frontière avec la Bosnie-Herzégovine sous la pluie pendant 3 jours. Nicolas et Franco, deux Serbes, nous feront découvrir la forêt de Gora Petraska, haut lieu de la résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. On ne voit rien, il pleut des cordes, mais sur un fond de musique traditionnel serbe, ça devient génial.
On décide de se reposer le soir dans des pensions chez l'habitant pour ne pas finir congelés dans la tente. A chaque fois de belles rencontres.
Hors des sentiers battus, le vélo nous offre cet avantage et cet inconvénient que de découvrir les villages désertés et détruits par les horreurs de la guerre, des parcelles qui ne sont pas encore déminées, des visages durs... Et la détermination et l'espoir des hommes qui reconstruisent.
Une nouvelle session de volontariat
Nous avons ensuite passé une semaine à travailler dans la première ferme agro-écologique de Croatie. A notre arrivée, nous sommes escortés par un «fan» en scooter. Au milieu de la nuit, cette heureuse rencontre nous permet de rejoindre la ferme de Zrno sans souci.
Seuls Kreshimir et Boris parlent anglais à Zrno. Ce n'est donc pas toujours facile de discuter avec les 10 autres employés. D'autant plus qu'ils travaillent dix heures par jour. Nous... deux fois moins...
Nos repas sont «végétariens et macrobiotiques». Ce qui nous laissait perplexes au début est vite devenu le super moment de la journée... C'est délicieux !!! Zrno fut fondée il y a 20 ans par Zlata Nanic. Cette «lady farmer» a un vécu hors du commun. Son histoire, elle nous la racontera bientôt... en attendant elle nous donne de nombreux contacts et nous ouvre grand les portes de sa ferme et de son appartement de Zagreb.
Zagreb
Nous sommes donc actuellement à Zagreb pour le week-end afin de visiter la capitale et l'école d'architecture. Nous y rencontrerons Ljubomir Muiscevic, un spécialiste «l'architecture passive et basse énergie»... Enthousiaste et très sympathique, il nous accordera du temps.
Et.. ce soir, comme hier soir, on retrouve Kreshimir, notre ami devenu guide à Zagreb, pour une virée nocturne.
10:34 Publié dans Carnets de route | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : découvertes, rencontres, volontariat, croatie, zagreb, plivitce, yougoslavie
11.06.2008
Derniers jours en Italie... en route pour la Slovénie
Retrospective sur les évènements survenus entre le 17 et le 29 mai 2008...
Imprévus
Il pleut des cordes ! Nous décidons de remettre notre départ pour plus tard. On s'arrange avec Patrick et Stephano pour rester. Notre mission, s'occuper des animaux pendant quelques jours en leur absence. Facile !
La tâche se complique lorsque le lendemain, la pluie n'ayant cessé de tomber, la rivière commence à déborder et à se rapprocher dangereusement de la maison. Notre petit chez nous, le river rifugio (voir la vidéo du précédent carnet de route...), porte bien son nom. Notre mission consiste maintenant à ce que la maison, les poussins, la tondeuse, les vélos et tout ce qui n'est pas étanche ne prennent pas l'eau.
Nous quittons finalement Patrick, le vendredi 23 mai, heureux d'avoir passé ce temps à l'Azienda la Boa. Nous aurons beaucoup appris, et recueilli de nombreuses informations sur la construction en paille et en terre (cf. les reportages, déjà rédigés, qui seront présentés sur ces pages dans les prochains jours...). Nous aurons aussi eu du temps pour rédiger et nous plonger dans nos articles.
Nous repartons, l'esprit serein, heureux de reprendre la route et de pédaler à nouveau...
Un détour par les lagunes...
Nous nous dirigeons vers Aquileia, qui nous a-t-on dit recèle des trésors romains ; des fouilles sont toujours en cours. La basilique renferme une mosaïque majestueuse dont les couleurs et la taille sont impressionnantes.
Après une brève découverte, nous filons à Grado pour découvrir ses lagunes. Pourquoi des hommes sont-ils venus s'installer sur ces îlots de terres souvent immergées, alors que le paludisme et la rage les accablaient ? Jusque dans les années 50, la population éparpillée sur de nombreuses îles, vivait de la pêche, dans des maisons faites de roseaux : “les casonis”, habitat traditionnel de la lagune de Grado. Nous rencontrons Ennio Lugnan à la bibliothèque alors qu'on cherchait des informations sur ces habitations. “Cet homme va pouvoir vous renseigner”. En effet, il a monté une association de préservation des “casonis” et met en place des circuits de découverte de ce patrimoine et de ces savoir-faire (cf. le site http://www.graisanidepalu.org/ seulement en italien, mais bien illustré). Certaines de ces maisons traditionnelles sont encore sur pied, mais elles ne sont accessibles que par bateau. Nos vélos ne faisant pas l'affaire, nous continuons notre route, plus loin vers la réserve naturelle de Grado, une zone humide facilement accessible à vélo.
Nous remonterons ensuite vers le nord, pour passer la frontière slovène. L'occasion de parcourir la plaine italienne le long de ses nombreuses pistes cyclables. Le paysage est “monotone”, fait de grandes cultures céréalières, de prés de fauche et de vignes. Nous trouvons cependant quelques occasions de colorer un peu notre journée...
Découvertes slovènes... un petit goût de “je reviendrai”.
La plaine se transforme petit à petit, le relief prend du volume et commence à dessiner des vallées. Nous redécouvrons avec joie les torrents et leur fraîcheur, juste avant de passer la frontière. Nous voici en Slovénie, dans les alpes juliennes, qui constituent l'extrême sud-est des Alpes.
Les vallées sont boisées, vertes et s'ouvrent parfois sur des prairies de fauches de petite taille. Les champs sont “vivants”, les Slovènes s'y activent. Nous croisons de petits troupeaux de vaches, de moutons ou de chèvres. On se met à penser qu'une agriculture diversifiée et qui prend son temps à survécu sur le haut plateau que nous traversons. Mais nous apprendrons plus tard que ce n'est que le temps des foins...
Nous entrerons dans le Parc du Triglav, seul Parc national de Slovénie, en passant par son entrée sud : les gorges de Tolmin. C'est le plus ancien Parc européen de ce genre. Nous longerons ensuite la rivière Soca, d'un bleu turquoise à tomber (promis on n'a pas modifié la couleur sur la photo).
N'ayant que peu de temps à consacrer à ce beau pays, nous traçons plein sud à travers l'arrière pays pour rejoindre la Croatie. Nous découvrirons, les routes secondaires en macadam (des pistes en terre), les forêts rafraichissantes, et le sympathique accueil slovène.
A chaque rencontre, nous tentons de comprendre tant bien que mal, où se trouve l'habitat traditionnel (notre slovène se résume à “bonjour : Pozdravjen” et “merci : hvala” ; heureusement que notre anglais et notre langage des signes est plus développé). Il s'avère que ce territoire, qui longe la rivière Soca, fut le théâtre des ravages de la première guerre mondiale et des bombardements de la seconde. L'habitat traditionnel, fait de pierre et de bois, n'est plus visible. On a reconstruit et on construit toujours en béton, parpaings, et briques. Les brochures touristiques en font pourtant de belles plaquettes. Peut-être dans les régions plus montagneuses au nord ?
Seules quelques granges retiennent notre attention, leur structure ouverte permet, lorsque le foin est entreposé pour sécher, de changer complétement de physionomie et de donner l'impression que le mur est fait de foin.
A l'inverse de ce que nous aurons vu, les campagnes sont plutôt désertes le reste de l'année et la population ne vit plus de l'agriculture. Cependant, il semblerait que les Slovènes soient attachés à l'entretien des prairies, d'où l'activité particulière en ces temps de fauche. L'activité touristique se développe depuis peu. On trouve même dans de tout petit village des points d'information et des aménagements touristiques.
Après de belles montées, de belles rencontres et quelques frayeurs nocturnes (nous sommes en territoire “ours”), nous restons sur notre faim car nous aurions aimé en apprendre plus sur ce beau et petit pays où la vie semble douce. On vous laisse découvrir en photos....
23:16 Publié dans Carnets de route | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : vélo, italie, slovénie, croatie, déluge, aquileia, grado






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