04 avril 2009

« The Christie Walk »

Un éco-quartier au centre d'Adélaïde
Interview de Margaret Rohde – Secrétaire de Urban ecology Australia Inc.
South Australia state – Australia

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DSC_0052.JPGPasser le porche et entrer dans la cour intérieure de Christie Walk, c'est perdre les repères d'un développement urbain conventionnel... « Christie Walk » démontre à petite échelle ce qu'il est possible de réaliser en milieu urbain pour accroître la qualité de vie et minimiser notre impact sur l'environnement.


«La mise en œuvre de Christie Walk fut une aventure dans laquelle peu de gens sont prêt à se lancer mais qui pourtant, est incroyablement nécessaire… »

Paul Downton, architecte et développeur de « Christie Walk »

 

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Adélaïde est une agréable ville de plusieurs millions d'habitants, un trafic dense le long des multiples voies de circulation forme un quadrillage presque parfait de parcs, d'avenues et de hauts bâtiments vitrés. Respectueux de ce bel alignement, à proximité du marché central, se trouve sur « Sturt street » un porche pas comme les autres ouvert aux visiteurs... « The Christie Walk ».


DSC_0012.JPGUne belle mosaïque faite de matériaux recyclés orne le mur de l'allée principale et ouvre sur une cour intérieure fleurie et conviviale. « Nos visiteurs, officiels ou badauds égarés, sont souvent étonnés de ce changement de décors par rapport à ce qu'il est possible de trouver à Adélaïde. On nous compare souvent à un village méditerranéen ou mexicain. Certains nous croient même tout droit sorti d'un décor du « seigneur des anneaux » !

Margaret Rohde, secrétaire de urban ecology devenue guide à l'occasion de notre visite



Composé de 27 appartements, le petit village urbain de « Christie Walk », ainsi nommé en mémoire de Scott Christie, activiste défenseur de l'environnement et des droits sociaux, s'appuie sur une communauté investie de résidents. Propriétaires ou locataires, du jeune couple aux retraités actifs, différentes générations cohabitent. Ce développement urbain et collectif portent les valeurs de Urban ecology australia. Une association non lucrative qui a pour but de sensibiliser aux questions d'écologie urbaine mais également d'apporter des clés concrètes de développement durable dans les aires urbaines. Tantôt local, pour faire par exemple des économies d'énergie, ou installer un chauffe eau solaire, tantôt global pour aider à bâtir un éco-quartier.

Christie Walk représente à petite échelle le rêve porté en 1993 par la compagnie Ecopolis architect : « Halifax ecocity project » qui proposait de requalifier une entière partie d'Adélaïde en un vaste complexe écologique visant à accueillir 800 à 1000 citoyens. Ce projet restera malheureusement inaccompli.

La définition d'une ville durable vue par les architectes d'Ecopolis se distingue des définitions « classique » de ce que doit être une ville durable en présentant le développement urbain comme le réel réservoir du changement à venir et mets l'accent sur le rôle de la communauté. En effet, l'aspect communautaire à Christie Walk est important. C'est d'une part la force d'une communauté que d'aider l'individu à sortir de l'ordinaire et d'autre part dans l'aménagement paysager et les finitions architecturales que ses membres ont la liberté de s'exprimer. A l'image de cette fresque murale haute en couleurs et en volumes, qui, mis bout à bout, raconte l'histoire de ce lieu : de cette ancienne usine d'embouteillage sur les ruines de laquelle vivent aujourd'hui ces hommes et ces femmes qui ont participé à la construction de Christie Walk, de ces enfants qui jouent dans la cour, de l'attrait d'un tel pour le dessin et de celle-ci pour la musique, etc.

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DSC_0047.JPGAinsi, ce petit pâté de maisons est composé de 4 blocs principaux reliés les uns aux autres par un sentier ombragé et sinueux.
Christie Walk est plus condensé qu'un développement conventionnel australien. La superficie des surfaces habitables (de 55 à 160 m²) est inférieure à la moyenne australienne. Ainsi, on trouve un bâtiment de deux étages pour 6 appartements, une maison de ville de deux étages, trois pavillons de 1 étage et un grand bâtiment de quatre étages pour 13 appartements et des locaux communautaires (salle de réunion, de jeux, laverie, etc.).
Chaque aménagement et appartement, dessiné individuellement, s'intègre dans un plus vaste ensemble paysager. De nombreux petits patios conviviaux permettent aussi bien de se réunir autour d'un verre que de trouver une certaine tranquillité. Un petit chemin serpente entre les maisons et forme un lien entre les espaces privés et communautaires.


DSC_0006.JPG« La forme en L du site ne permettait pas d'adapter toute les maisons selon un concept idéal solaire passif cependant le design général a permis de pallier cette contrainte » explique Margaret Rohde.
Chaque bâtiment possède une bonne inertie combinée à une bonne isolation. Un système de ventilation naturelle permet à l'air chaud de s'échapper tandis que toute les fenêtres sont en double vitrage.
Le climat méditerranéen d'Adélaïde impose aux bâtiment de rester frais en été et chaud en hiver.
Un toit végétal, ou plutôt un jardin communautaire, isole et ajoute aux bâtiment une masse thermique.
La plupart des bâtiments disposent de panneaux photovoltaïques. Les règles d'urbanisme imposent d'être relié au réseau électrique de la ville, ce qui n'a pas empêché de produire au total 5kW d'énergie solaire.


DSC_0021.JPGOn retrouve différents matériaux (paille, béton aéré) dont le premier bâtiment urbain en paille d'Australie. Les poutres et autres bois utilisés proviennent de plantations ou sont réutilisés, tout comme les pavés au sol. On retrouve également du bambou. Peinture, et revêtements sont également choisis selon des critères de non toxicité. Toutes les maisons sont équipées d'un système de chauffage solaire pour l'eau. De simple ventilateurs facilitent la circulation d'air. Aucun chauffage ou système de refroidissement n'est appliqué, à l'exception du bâtiment de quatre étages.

Les températures extrêmes de ce dernier été (45°C pendant 10 jours consécutifs), ont démontré qu'une lutte contre la chaleur était possible sans dépense énergétique majeure, même si comme le précise Margaret Rohde « il faut adapter son comportement et connaître comment réagit le bâtiment ».

Vignes et pergolas, arbres et arbustes, fleurs apportent de l'ombre. Peu de plantes natives de cette région d'Australie perdent leurs feuilles en hiver. C'est la raison pour laquelle quelques plantes exotiques ont été introduites de façon à pouvoir bénéficier des rayons du soleil en hiver. Les jardins communautaires démontrent que même les petites surfaces urbaines peuvent servir à la production de légumes. « Ce sont également des lieux où le travail se partage et où l'on passe d'agréables moments » aime à préciser Margaret Rohde. Toutes les eaux de pluies collectés sur les différents toits et balcons vont directement dans un réservoir de 20.000 litres et sont réutilisés pour l'arrosage et les toilettes.

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Christie Walk est idéalement situé dans le centre ville d'Adélaïde, bien desservie par les transports publics. Les résidents n'ont pas souhaité disposer de plus de 10 places de parking. Ils optent pour le vélo et pour un service collectif de location de voiture.


Des écoles, des particuliers mais également des élus, développeurs et architectes viennent régulièrement visiter Christie Walk. En 2005, cet aménagement fut finaliste des World habitat Awards.
Si le modèle s'exporte encore peu c'est parce qu'il ne semble pas y avoir de recettes magique autre que celle de l'investissement personnel et financier. Les architectes sont devenus des développeurs, les propriétaires des constructeurs et la communauté des conseillers.


Auteurs :
Jérôme BOUQUEMONT et Amandine FANTONI - Avril 2009

Association « Des vies et des idées... d'ailleurs »

http://desviesetdesideesdailleurs.hautetfort.com
www.eco-habitat-tour.org


Contacts et informations :
www.urbanecology.org.au

Commentaires

Salut, au regard des différents lieux écolo que vous rencontés, existe-il des sites similaires chez nous?.
Les visites sont-elles possibles?.
A plus pour d'autres sites.Bis

Ecrit par : bouquemont | 06 avril 2009

Bonne nouvelle, en France,les éco quartiers sont amenés à se développés. Le ministère à lancé appel à projet. Voici le site officiel qui explique un peu tout: http://www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr/
Sur wikipédia on trouvera également plein d'info et de liens vers des éco-quartiers... près de chez vous ? http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89coquartier

A bientôt
Jérôme

Ecrit par : Jérôme | 07 avril 2009

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